Les ruelles et les passages de la vieille ville de Prague seraient hantées par un personnage fantastique, le Golem, œuvre du rabbin Loew afin de protéger sa communauté. Au-delà de la légende, le Golem nous invite à redécouvrir le passé juif de l’une des plus belles cités d’Europe centrale.

Impossible de manquer sa silhouette trapue dans les innombrables boutiques de souvenirs de la capitale tchèque : le Golem est l’une des stars de Prague et l’une des grandes figures fantastiques de la culture européenne. L’Allemand Paul Wegener en fit ainsi l’un des premiers personnages effrayants de l’histoire du cinéma au début du XXe siècle…

Golem vient d’un mot hébreu signifiant « masse informe », terme mentionné dans le psaume 159 et dans différents textes talmudiques de la fin de l’Antiquité. Ces derniers évoquent des créatures animées et créées par des rabbins. Ces premiers golems n’avaient pas forcément un caractère maléfique, au contraire de celui de Prague qui voit le jour au XVIe siècle. A cette période, la capitale tchèque est un important centre intellectuel et commercial européen. L’un de ses plus grands savants est le rabbin Juda Loew, aujourd’hui représenté en statue sur l’hôtel de ville. Il est considéré comme l’un des pères de la pensée juive de la Renaissance.

Selon la légende, la communauté juive était menacée de pogroms du fait d’une rumeur sur l’assassinat d’enfants chrétiens. En consultant quelques grimoires, « rabbi Loew » crée une créature à partir de la glaise de la Vltava, le fleuve qui traverse Prague. Il formule ensuite diverses incantations pour donner naissance à son Golem, sur le front duquel figurait le mot Emet, « vérité », en yeddish. Il suffisait d’effacer la première lettre, pour obtenir Met, signifiant « mort », pour anéantir la créature.

 

Dans la synagogue Vieille-Nouvelle

Au début, le Golem accomplit son rôle, mais rapidement, il devient incontrôlable, lunatique, et dangereux. Comme il  a aussi grandi et gagné en force, Loew utilise la ruse pour le neutraliser. Il lui demande une dernière faveur, celle de lui lasser les chaussures. Le monstre se baisse et le rabbin lui efface la première lettre sur le front. Il redevient de la glaise, désormais conservée sous les combles de la synagogue Vieille-Nouvelle de Prague, l’un des derniers témoins du judaïsme en Europe centrale.

Mentionnée vers l’an mille, elle a été reconstruite dans un style gothique vers 1270. Elle présente une impressionnante nef, avec six croisées d’ogives, soutenues par deux colonnes centrales. Elle comporte également douze fenêtres symbolisant les douze tribus d’Israël.

A proximité se situe également le cimetière juif de Prague. Un véritable mémorial, puisqu’il abrite douze mille tombes, sur plusieurs niveaux. On y trouve notamment celle de Juda Loew, le père du Golem. Cette nécropole est devenue l’une des destinations touristiques de Prague. Elle constitue aussi un touchant lieu de mémoire. Comme s’ils avaient peur du Golem, c’est l’un des rares endroits que les nazis avaient décidé de conserver en mémoire du peuple qu’ils souhaitaient éliminer.

Le Golem rode toujours dans les rues du vieux Prague

Paul Wegener a fait du Golemi l'un des premiers personnages effrayants de l'histoire du cinéma au début du XXe siècle

Author image
Thèmes associés : #Reportage

Partagez cet article :

0 commentaires

Réagir

@