Tout au long des années 1990-2000, la manière d’évoquer le mur de Berlin et la guerre froide, pourtant un des principaux motifs de visite pour les touristes du monde entier, a posé problème aux Berlinois. Hésitant entre la mise en valeur d’un vestige de la guerre froide ayant causé tant de douleurs et de drames et l’effacement de toutes ses traces pour se tourner vers l’avenir, ils ont laissé un vide dans lequel s’étaient engouffrés les marchands du temple. Sur les marchés aux puces, sur les sites d’anciens points de passage, des bateleurs en costume de soldats de la RDA vendaient des bouts de mur, des médailles et autres artefacts à l’authenticité douteuse du régime disparu.

Quiconque s’intéressait alors à la guerre froide risquait d’être pris pour un pigeon par les uns et un voyeur pour les autres. De bons livres, des films et surtout de bonnes jambes étaient alors indispensables pour trouver sa voie dans le Berlin post-communiste. Si les tours en Trabants ou les musées attrape-touristes n’ont pas tout à fait disparus, au cours des dernières années, les choses ont bien changé. Des musées majeurs, comme celui de l’histoire de l’Allemagne ont intégré l’histoire de la RDA et des lieux de mémoire de grande qualité ont été ouverts pour aborder le thème de la guerre froide.

Un mémorial officiel

Il se trouve dans la Bernauer strasse, au nord de Mitte. On y découvre le plus long pan extérieur du mur qui soit conservé mais surtout une poignante évocation muséographique du système de mis en place pour séparer les deux blocs au cœur de Berlin. On fait par exemple quelque pas au sein de l’oppressant no man’s land où trône un mirador d’origine et d’où l’on peut, à travers les fissures, jeter un œil vers « l’ouest ». Des tiges de métal dressées vers le ciel prolongent le parcours du mur sur plus d’un kilomètre. Des photos de personnes tentant de franchir le mur habillent quelques immeubles et un musée met en valeur les documents photographiques et vidéos d’époque les plus marquants.

De sa terrasse, on contemple le mur comme avaient pris l’habitude de le faire les dignitaires occidentaux perchés sur leurs estrades. De là, ils prononçaient des discours restés mémorables. On se souvient notamment du « Ich bin ein Berliner ! » de J.F Kennedy, ou du tonitruant « M. Gorbatchev, faites tomber ce mur ! », lancé par Ronald Reagan.

Au sud de la ville, dans la Marienfelder Allee, on peut aussi visiter le centre d’accueil des réfugiés en provenance du bloc communiste, qui évoque le parcours personnel de ceux qui passaient à l’ouest et y étaient accueillis temporairement depuis le début des années 1950. Ironie de l’histoire, il accueille de nouveau des réfugiés en provenance de l’Est, principalement du Moyen-Orient.

Au-delà du mémorial de la Bernauer Strasse, un parcours matérialisé au sol a été aménagé sur l’ancien tracé du mur. Agrémenté de 32 panneaux soulignant différents faits historiques ou conséquences de la partition, il est un bon prétexte pour découvrir le centre de Berlin de manière thématique, sans s’empêcher de gouter à l’ambiance actuelle des quartiers traversés.

Un autre pan de mur mérite une visite : la East side Gallery, une longue section du mur intérieur (côté est), illustrés par des tableaux évoquant la fin de la guerre froide, réalisés par des artistes du monde entier en 1989. Situé au bord de la Spree, près de la gare Ostbannhof, il est régulièrement restauré. On trouve aussi un pan de mur sur le site de la typographie de la terreur.

Au-delà du mur, c’est le vaste travail de mémoire entamé au tournant des années 2000 qui prend forme à Berlin à travers de nombreux sites qui évoquent les heures sombres, tel le mémorial aux juifs assassinés ou la prison de la police secrète est-allemande.

Découvrez un article complet sur Berlin dans le prochain numéro de Salaün Magazine, à paraître en septembre 2017.

Un pan du mur préservé de manière authentique, le long du Martin Gropius Bau, un édifice conçu par le père du mouvement architectural Bauhaus, qui abrite aujourd’hui un musée.

 

Placé à l’intérieur du No mans’s Lans, le visiteur du mémorial peut observer l’autre côté, celui de la liberté.

Une faille dans le mur laisse apparaître le musée du mémorial.

Un petit musée jouxte la partie extérieure du mémorial du mur.

Le musée de la Trabant, un exemple d’attraction touristique construite autour de la mémoire de l’ancienne RDA.

Le mémorial du mur de Berlin, dans la Bernauer Strasse.

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