Nos rédacteurs, voyageurs passionnés, vous livrent, au fil de leurs escales et de leurs pensées, leurs humeurs du moment, leurs coups de gueule d'un soir. Des plumes irrésistibles qui nous font voyager avec délectation.

A vos souhaits ! Avec les beaux jours est revenu le temps des pollens et de leurs allergies. Le temps des éternuements et des nez qui coulent. En France, l’allergie la plus répandue est l’allergie au bouleau. C’est ainsi depuis toujours. 35 heures ou pas. En Russie, c’est plutôt la poussière fécondante du peuplier qui se montre particulièrement généreuse et envahissante. Je me souviens d’une journée de fin de printemps à Ekaterinbourg. Portés par une brise tiède et légère, les pollens de peuplier dansaient dans l’atmosphère, au point de l’obscurcir,  avant de se poser, en couches épaisses et ondulantes, sur l’asphalte des rues et des routes. Les Russes désignent ce phénomène saisonnier – que j’avais retrouvé près du lac Issik Koul, au Khirghizistan – sous le nom de «letnii sneg ». La neige d’été. C’est bien connu, un seul hêtre vous manque et tout est des peupliers…  

Et zut à la fin ! Tous ceux qui aiment la Russie nourrissent à son égard, surtout ces derniers mois, une double crainte : celle de voir le vieil ours ombrageux s'enfermer dans un hiver glacial comme une guerre froide ; et celle, à l'opposé, de voir ce pays-continent se livrer sans retenue aux modes de vie américains et y perdre son âme et sa culture. Sur ce dernier point, on peut être rassuré. Certes, le jeune Russe porte des jeans, boit du coca et gloutonne du macdo. Mais ça ne va guère plus loin. La Russie reste la Russie et le Russe un Russe. A savoir quelqu’un de profondément et indéfectiblement attaché à son pays. Même sur le plan gastronomique d'ailleurs. Lorsque la chaine américaine a profité de la perestroïka pour pointer le bout de son hamburger en Union soviétique, les Russes ont immédiatement riposté en lançant leur propre chaine de restauration rapide. Pour le décor, datcha bois sur bois, peaux d'ours cloutés aux murs et ambiance bucherons ; pour la nourriture, des dizaines de salades et de soupes traditionnelles, des shashliks et autres bricoles... Le tout réellement à volonté (j'ai testé l'un des établissements de Moscou en compagnie de Michel Salaün, c’est vous dire !) Le nom de cette chaine : « Yoki Palski ». C'est une expression qui veut dire « zut » en russe. C’est ce qu’ont dû se dire les responsables de Macdo Russie lorsqu'en 2014 leurs établissements ont fait l'objet de centaines de contrôles sanitaires appuyés et, pour quatre d'entre eux, de mesures de fermeture. Comment on traduit « Yoki Palski » en américain ?

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