Créé en 1978, le Rallye Paris-Dakar a pris fin en 2008. Au nord de Dakar, près du Lac Rose, le souvenir en est toujours vivace. C'est là que l'immense plage battue par l'Atlantique, devenue lieu d'excursion, accueillait la ligne d'arrivée des autos, camions et motos bardées de publicités.

Depuis l'hébergement qui reçut autrefois les techniciens des concurrents, de hauts camions décatis, hérités de l'armée française ou de l'organisation de la course, amènent à travers dunes et creux depuis le lac à l'océan. Un moment qui se veut évocation des conditions de course. Une fois sur la plage spectaculaire, le véhicule fait ronfler tous ses cylindres fatigués pour un sprint au ras des flots, symbole du passage de la ligne d'arrivée. Puis stoppe. L'horizon, magnifique, est souligné délicatement par la musique des vagues déferlantes. C'est alors qu'un petit bruit de moteur commence à amplifier depuis le lointain. Une moto file au plus près de l'océan en notre direction tel un Don Quichotte partant à l'assaut de moulins à vent. Un retardataire de l'édition 2007 ? Impossible, voyons. Le point au loin grandit rapidement. Ils sont deux sur l'engin poussé à son maximum sous les envolées de sable. Et au passage devant nous, ils ne lèvent pas les bras en signe de victoire mais sautent de la moto, ou plutôt cyclo, avec de larges sourires : «  Nous avons apporté tous les souvenirs pour ramener à vos amis ! » Statuettes, masques, sculptures, reproductions de taxis-brousse... s'étalent aussitôt sur l'estran au pied du camion.« C'est moins cher que gratuit, promet le plus hâbleur. On se part pas de la ligne du Paris-Dakar sans souvenirs ! »

Pour ne pas oublier

Le vrai souvenir, on le trouve sur la berge du Lac Rose qui doit son nom à une algue microscopique se développant dans son eau ultra salée. Une stèle y a été érigée en mémoire de Thierry Sabine, l'organisateur du Paris-Dakar, mort dans un accident d'hélicoptère au dessus du Mali voisin le 14 janvier 1986 lors de la 8ème édition. Une tragédie il y a 33 ans qui avait également entrainé la disparition de ses co-passagers : Daniel Balavoine, 33 ans et au sommet de sa gloire de chanteur, venu installer des pompes à eau dans des villages perdus, le pilote François-Xavier Bagnoud, la journaliste du « Journal du dimanche » Nathalie Odent et le technicien radio de RTL Jean-Paul Le Fur. Ces deux derniers avaient remplacé au dernier moment les passagers initialement prévus, Patrick Poivre d'Arvor et Yann Arthus-Bertrand.

L'émotion suscitée par le crash et les dizaines de décès de participants ou villageois lors d'accidents routiers n'auront pas sonné la fin du rallye. Les menaces des djihadistes d'Al-Qaida y réussiront en obligeant l'annulation de l'édition 2008. L'année suivante, rebaptisée "Le Dakar", l'épreuve renaîtra en Amérique Latine, au Chili, puis au Pérou cette année. Mais c'est une autre histoire.

Une moto surgie de nulle part franchit la ligne d'arrivée du Paris-Dakar.


… Pour monter aussitôt un stand de souvenirs.

Sur la rive du Lac Rose, une stèle hommage à Thierry Sabine.

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