Impossible de passer par Milan sans une halte à la Scala. La salle lyrique la plus célèbre au monde, symbole scénique du théâtre à l'italienne, dit au moins vaguement quelque chose même aux plus fermés à l'art de l'opéra, du bel canto et de la commedia dell'arte. Nous voici donc à la porte du musée de la Scala, la salle ne se visitant pas en tant que telle. Le guichetier, fort aimable, veut vérifier notre réelle volonté d'entrer et nous donne à lire un texte en multi langues : « en raison de répétitions dans la salle, vous êtes alertés que vous ne pourrez peut-être pas l'apercevoir depuis le musée ou seulement dans le noir. » Pour le plaisir de la rencontre avec les portraits, les bustes, les instruments de musique... des plus grands ténors ou sopranos, compositeurs et chefs d'orchestre, nous confirmons malgré un rien de déception. En haut du premier escalier, alors que s'ouvre là l'exposition exceptionnelle consacrée à Rossini, un homme empressé et tout sourire se précipite au devant de nous. « Vous auriez aimer voir la salle ? ». « Bien sûr ». « Alors au lieu de visiter l'expo maintenant, prenez la première porte à gauche en vous dépêchant : l'équipe technique fait une pause café et a allumé la salle pour quelques minutes ! » Nous nous précipitons et c'est alors un grand silence qui nous imprègne en entrant dans une de ces si réputées loges de la Scala. La grande scène est face à nous, la fosse d'orchestre n'attend que ses musiciens en pingouin, les tentures et fauteuils rouges semblent au garde-à-vous dans l'expectative de spectateurs, la lumière incandescente qui précède une représentation nous découvre tout l'espace... L'instant est magique et c'est le regard comblé que l'on peut ensuite au musée présenter nos hommages à Caruso, Maria Calas, Verdi, Puccini, Toscanini et consorts.

Et qu'on sort, comblés d'un moment inoubliable.

 

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