L’élégante capitale de l’Ecosse moderne n’a rien oublié de son rayonnement passé. Entourée d’anciens volcans couverts de landes, baignée par un fjord, Edimbourg nous conte le moyen-âge et la renaissance mais aussi l’Ecosse d’aujourd’hui. Ses écrivains continuent à fasciner le monde, son architecture en fait une des plus belles villes du nord de l’Europe et son bouillonnement culturel attire des visiteurs du monde entier.

Pour aborder Edimbourg, il est conseillé de prendre un peu de hauteur, en arpentant le sentier qui mène à Calton Hill, une colline qui offre de superbes vues sur la ville et abrite des monuments hautement symboliques, comme celui dédié au grand « barde  national écossais », Robert Burns, une des figures du romantisme européen, qui écrivait en partie dans l’une des trois langues de l’Ecosse, le scots, issue du vieil anglais. Un autre monument emblématique donne à Calton Hill une allure de petite acropole écossaise : le National monument, un Parthénon néo-classique inachevé qui domine la ville. Du haut de Calton Hill, on distingue très bien la vieille ville à l’allure médiévale, dominée par son impressionnant château et la magnifique ville nouvelle, bâtie au XIXe siècle dans le style géorgien et qui inspira de nombreuses autres cités. Entre les deux, une longue coulée verte, les Princes Garden, traverse le cœur de la ville. Comme la skyline de New-York, la ligne d’horizon  d’Edimbourg, avec ses clochers, ses flèches gothiques et ses tourelles de pierres grises fascine le regard et a inspiré bien des artistes.

Un Mile royal

C’est au cœur de la ville médiévale, notamment sur le fameux Royal Mile, une série de rues escarpées et contiguës qui s’élèvent jusqu’au château que l’on comprend la fascination qu’exerce Edimbourg sur le visiteur. C’est sur l’esplanade du château qu’ont lieu au mois d’aout, les représentations de musique et de danse militaire du célèbre festival Tatoo.

En descendant le Royal Mile, on ne sait pas où donner de la tête tant les curiosités abondent, du Scotch Whisky Experience à la résidence royale d’Holyrood, en passant par la cathédrale Saint Gilles, l’ancien parlement, le musée des écrivains, le centre du conte... Sans oublier une flopée de cafés, restaurants et pubs de caractère. Il faut notamment prêter attention aux « tenements », de hauts immeubles collectifs autrefois loués par les plus pauvres, qui ont compté parmi les plus hautes habitations au monde, au XVIIe et XVIIIe. On visite aussi les nombreux closes et wynds, ces ruelles et passages couverts débouchant sur de nombreux escaliers, notamment autour de Tweedale court, près du Centre écossais du conte. Même réhabilités, voire reconstruits, nombre de bâtiments – notamment en pan de bois – ont gardé un cachet exceptionnel et un caractère moyen-âgeux ou renaissance,  à l’instar de la magnifique John Knox House ou de la Lady stair’s house qui abrite le très intimiste musée des écrivains écossais.

Une terre d’écrivains

Il suffit de faire quelques pas sur le Royal Mile et ses environs pour comprendre pourquoi JK Rowling a écrit la plus grande partie des aventures d’Harry Potter à Edimbourg. Mais il n’y a pas que l’ombre d’Harry Potter qui hante les ruelles d’Edimbourg. Dès la Renaissance, des penseurs comme David Hume ou Adam Smith ont fait connaître l’Ecosse au monde entier. Avec ses collectes et la publication des premiers poèmes D’Ossian, à Edimbourg, l’Ecossais James McPherson déclencha un coup de tonnerre et fut un pionnier du romantisme européen et notamment et du mouvement celtomane. Sir Walter Scott, un autre enfant de la cité, fit vibrer des générations de lecteurs avec les aventures de Rob Roy ou d’Ivanhoé. Un des plus célèbres auteurs locaux est bien sûr Robert Louis Stevenson, l’auteur de L’île au trésor mais surtout de L’étrange cas du Dr Jekyll et Mister Hyde (1886) qui puise ses racines dans les profondeurs d’Edimbourg et s’inspire de personnages réels. Mais la plus illustre figure littéraire de la capitale est bien sûr Sir Arthur Conan Doyle, le père de Sherlock Holmes, bien que ce dernier soit basé à Londres. En descendant du Royal Mile vers Princes Street, l’imposant monument néo-gothique consacré à Sir Walter Scott nous rappelle s’il le fallait que la littérature est une des composantes principales de l’âme d’Edimbourg. C’est d’ailleurs elle qui a en grande partie permis son renouveau dans l’après-guerre à travers le théâtre et son prestigieux festival.

L’Athènes du nord

Bordée par de vastes jardins, Princes Street est la principale artère commerçante de la ville. Elle marque l’entrée dans New Town, un univers très différent du centre historique. Elle est le fruit d’une rigoureuse planification urbaine menée au XVIIe siècle en suivant les plans d’un jeune architecte local James Craig. Classé au patrimoine mondial, ce quartier de style géorgien et néo-classique suit un plan rectiligne alternant petites rues et grandes artères comme Queen street ainsi que des jolies places comme Charlotte Square. La succession de rues commerçantes et de ruelles tranquilles font le charme d’un quartier également animé le soir. Il concentre en effet de nombreux pubs, restaurants et bars plutôt sophistiqués. New Town est le testament architectural de l’âge d’or des Lumières écossaises, qui vit ses ingénieurs, médecins, scientifiques et penseurs influencer le monde entier, notamment grâce à la diaspora écossaise.

Pour une atmosphère plus bohème, il faut pousser jusqu’à Broughton street à l’est de Newton ou encore à l’ouest jusqu’à Stockbridge, un des quartiers d’Edimbourg qui échappe à l’affluence touristique du centre, parfois pesante. Plus aéré, il compte de nombreux galeries d’art, des antiquaires, les cafés et petits restaurants.

Un concentré de culture

Au-delà de son architecture, de son passé prestigieux et de ses ruelles pavées, Edimbourg attire aussi pour son sens de la fête et un foisonnement artistique impressionnant pour une ville de 500 000 habitants, la septième du Royaume-Uni. La capitale écossaise recense ainsi au moins une douzaine de festivals à rayonnement national et international importants.

L’année festivalière commence avec un rassemblement festif aux origines païennes liées au solstice d’hiver, Hogmanay, le dernier jour de l’année. Particulièrement suivi par les habitants de la cité, il serait le plus important festival de rue organisé pour le Nouvel an au monde. D’avril à juillet, les festivités montent en puissance avec des festivals majeurs consacrés à la science, au spectacle jeune public, au cinéma ou encore au jazz et au blues. Dès fin juillet, c’est l’apothéose avec une série de manifestations mythiques. Parmi elles, le Fringe est une institution qui draine des dizaines de milliers de visiteurs dans la capitale depuis soixante-dix ans. Avec plus de trois mille spectacles, soit deux fois plus qu’à Avignon, ce « off » du Festival international d’Edimbourg a pour seule ligne éditoriale de ne pas être « ennuyeux ». On y vient aussi en août pour assister au festival international du livre et au fameux Tatoo. Depuis 1950, ce festival met à l’honneur les cornemuses, le tartan et les danses écossaises et tire son origines des fameux pipe bands, les ensembles de musique militaire écossais.

On ne peut boucler ce portrait d’Edimbourg sans visiter le nouveau parlement écossais, œuvre de l’architecte catalan Enric Miralles. Au-delà de son architecture spectaculaire, les visites proposées spontanément par un personnel dédié dès que l’on en franchit les portes sont passionnantes. Affaiblie par la fin de l’indépendance écossaise en 1707 et la montée en puissance de Glasgow pendant la révolution industrielle, Edimbourg est longtemps restée plus conservatrice que sa voisine. Même si l’élan qui anime aujourd’hui le pays émane davantage de la jeunesse de Glasgow que des élites d’Edimbourg, la capitale a retrouvé son prestige et son rôle de phare projetant les lumières de l’Ecosse bien au delà de la mer du Nord et notamment vers un continent européen avec lequel elle entretient une fascination mutuelle.

 

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