Comme en 2012, Salaün Holidays et le groupe Salaün feront partie des partenaires principaux des Fêtes maritimes de Brest qui auront lieu en juillet 2016. C'est dans le cadre de ce partenariat que Michel Salaün a assuré la logistique d’une mission de Brest événements nautiques, organisateur de la fête, en Russie, pays invité d’honneur avec les Etats-Unis et la Norvège. Cette mission qui avait pour objectif de trouver et de mobiliser des partenaires pour 2016 et qui était conduite par le maire de Brest lui-même, a ainsi bénéficié de la connaissance profonde et concrète que Michel Salaün a de la Russie.

Ce voyage dans la Russie hivernale, mené à un train d’enfer, a été couronné de succès. Tant à Kaliningrad qu’à Mourmansk et Saint-Pétersbourg les contacts ont été fructueux. Ainsi il est acquis que Kaliningrad enverra à Brest son quatre-mâts Krusenstern, navire-école de l’Académie de marine de Kaliningrad. Mourmansk en fera de même avec le Sedov. Ce quatre-mâts, propriété de l’Université des pêches de Mourmansk, est le plus grand voilier du monde. C’est aussi un habitué des fêtes maritimes de Brest. Enfin Saint-Pétersbourg, comme elle l’avait fait en 2012, déléguera à Brest le brise-glace Saint Pétersbourg. Par ailleurs, les villes de Mourmansk et de Kaliningrad assureront ensemble l’organisation et l’animation du village à terre, chargé de représenter la Russie. Outre ces résultats concrets, cette mission a permis à la délégation brestoise de découvrir Mourmansk et Kaliningrad, deux villes étonnantes, un peu mystérieuses, aux destins parallèles et qui présentent plusieurs points communs avec Brest.
Kaliningrad, la forteresse prussienne Jusqu’à la Seconde guerre mondiale, Kaliningrad s’appelait Königsberg. C’était une orgueilleuse cité forteresse de Prusse orientale, fondée au XIIIe siècle par les Chevaliers teutoniques et membre de la prestigieuse ligue hanséatique, qui regroupait les grandes villes marchandes du nord de l’Europe. A la veille de la Seconde guerre mondiale, Königsberg, jusqu’alors intégrée à l’état indépendant de Prusse orientale et séparée de l’Allemagne par le couloir de Dantzig, est intégrée à l’Allemagne du IIIe Reich et se retrouvera au cœur de conflits sanglants. Elle est d’abord bombardée par l’aviation anglaise et américaine. Puis elle est prise par les troupes terrestres de l’Armée rouge, au terme de combats particulièrement violents. En 1946, l’oblast de Königsberg, rebaptisé Kaliningrad, du nom d’un dignitaire stalinien, est attribué, au titre de dommages de guerre, à l’Union soviétique. La population allemande est « invitée » à quitter les lieux et est remplacée par des Russes, mais aussi des Biélorusses, des Ukrainiens… Devenue une « exclave » enserrée entre la Pologne et la Lituanie et séparée géographiquement de la mère patrie, Kaliningrad a toujours été et reste une base stratégique de l’URSS. Au temps de la guerre froide, elle était un port militaire de première importance, aux côtés de Mourmansk. C’est aujourd’hui un peu moins vrai, mais l’ancienne cité allemande, blottie au fond du canal de la Vistule, a conservé son rôle de grand port de pêche de la côte occidentale de la Russie. Ses énormes chalutiers partent encore pour des mois de campagne sur toutes les mers du Monde. 70 ans après cette annexion, la ville de Kaliningrad n’a pas totalement rompu avec son passé prussien. Détruite à plus de 90%, elle a été reconstruite à la mode soviétique, mais elle garde toutefois, dans certains quartiers, une touche allemande. Mieux, les autorités russes – Poutine en tête – souhaitent réhabiliter ce patrimoine architectural. Il est ainsi question de reconstruire la grande forteresse dont il ne reste de nombreux vestiges impressionnants. Enfin, les relations avec l’Allemagne se sont bien réchauffées depuis la Guerre froide. Kaliningrad est une destination prisée des touristes germaniques, pour lesquels des visas simplifiés ont été aménagés. Progressivement Kaliningrad sort de son isolement et s’ouvre à son histoire et au monde. Sans pour autant s’éloigner de la Russie.
 
Mourmansk, le port privé de glaces
En 2016, au moment des fêtes maritimes de Brest, Mourmansk va célébrer son centenaire. La ville est en effet née en 1916, au cœur de la Première guerre mondiale. Et en raison de cette guerre. La Russie tsariste cherchait un autre port pour sa marine. Saint-Pétersbourg présentait en effet l’énorme inconvénient d’être pris dans les glaces cinq mois de l’année, bloquant ainsi la flotte au fond du Golf de Finlande et interdisant tout approvisionnement en provenance de l’Europe par voie maritime. Les regards se tournèrent alors vers une petite station polaire, perdue au nord du cercle arctique, à quelque 1500 kilomètres de Saint-Pétersbourg. Une petite station polaire qui jouissait d’une fantaisie de la nature : les eaux profondes de son fjord ne gelaient jamais, garantissant ainsi un accès permanent de son port à la Mer de Barents. Tout cela en raison d’une petite dérivation du courant chaud du Gulf Stream. A la hâte, on construisit une ligne de chemin de fer à travers la Taïga de la péninsule de Kola et Mourmansk put jouer son rôle de tête de pont et base navale. A la fin de la guerre, elle rentra à nouveau dans l’oubli de la nuit polaire. Jusqu’à la Seconde guerre mondiale où elle retrouva toutes ses vertus aux yeux des stratèges soviétiques. Mais cette fois, elle paya très cher ce cadeau de la nature. Mourmansk était devenu le port stratégique par lequel transitait toute l’aide militaire et matérielle des Alliés pour soutenir l’Armée rouge sur le front de l’est. Les Allemands le comprirent immédiatement et s’acharnèrent sur Mourmansk. Ils essayèrent de l’envahir par des attaques au sol. En vain. Au prix d’une abnégation héroïque, les patriotes réussirent à stopper la progression ennemie aux portes de la ville. Les Allemands entreprirent alors de bombarder sans relâche Mourmansk qui fut détruite à 90%. Sans jamais se rendre. Au contraire. Les Soviétiques lancèrent une contre attaque qui leur permit de vaincre les troupes ennemies en un mois. La vocation militaire de Mourmansk survécut, cette fois-ci, à la guerre. Son fjord fut choisi pour abriter la Flotte du nord. Notamment les sous-marins nucléaires, basés dans plusieurs cités interdites, dont Severomorsk (plus de 50 000 habitants), implantées sur la rive orientale du fjord. Mourmansk fut également choisie pour être le port d’attache des brise-glace nucléaires qui ouvre la voie maritime du nord aux cargos. La dislocation de l’URSS et la fin de la guerre froide marquèrent un nouveau déclin pour la plus grande ville au nord du cercle arctique. En moins de 30 ans elle a perdu un tiers de sa population (200 000 en 2014). Mais aujourd’hui, l’espoir renaît. Avec le réchauffement climatique, la route du nord devient une voie maritime de première importance et l’exploitation du gaz et du pétrole de l’Arctique se fait de plus en plus précise. Dans ce contexte nouveau, les regards se tournent une fois de plus vers l’ancienne station polaire. Vers le port privé de glace.
 
La ville et le port de Mourmansk au sortir de l’hiver. Les eaux du fjord ne gèlent jamais bien que l’on se trouve au nord du Cercle arctique.
La ville et le port de Mourmansk au sortir de l’hiver. Les eaux du fjord ne gèlent jamais bien que l’on se trouve au nord du Cercle arctique.
Récupéré au fond de la Mer de Barents, le kiosque du sous-marin Koursk sert de stèle aux marins disparus lors de ce naufrage, le 12 août 2000. Les 118 hommes d’équipage avaient péri lors de ce drame.
Récupéré au fond de la Mer de Barents, le kiosque du sous-marin Koursk sert de stèle aux marins disparus lors de ce naufrage, le 12 août 2000. Les 118 hommes d’équipage avaient péri lors de ce drame.
La gigantesque statue d’un soldat veillant sur l’entrée du fjord, au-dessus de la ville, rappelle la résistance héroïque de Mourmansk face à l’armée allemande.
La gigantesque statue d’un soldat veillant sur l’entrée du fjord, au-dessus de la ville, rappelle la résistance héroïque de Mourmansk face à l’armée allemande.
La ville de Saint-Pétersbourg vue depuis la passerelle du brise-glace « Saint-Pétersbourg ».
La ville de Saint-Pétersbourg vue depuis la passerelle du brise-glace « Saint-Pétersbourg ».
Le recteur de l’Université technique de Mourmansk, Sergueï Agarkov, en compagnie du maire de Brest, François Cuillandre. L’université est propriétaire du quatre-mâts Sevov, le plus grand voilier du monde. Il sera présent à Brest en juillet 2016.
Le recteur de l’Université technique de Mourmansk, Sergueï Agarkov, en compagnie du maire de Brest, François Cuillandre. L’université est propriétaire du quatre-mâts Sevov, le plus grand voilier du monde. Il sera présent à Brest en juillet 2016.
Le maire de Brest, François Cuillandre, a rencontré son homologue de Kaliningrad, Alexandre Iarochouk qui a promis d’envoyer à Brest le grand voilier Krusenstern, basé à Kaliningrad.
Le maire de Brest, François Cuillandre, a rencontré son homologue de Kaliningrad, Alexandre Iarochouk qui a promis d’envoyer à Brest le grand voilier Krusenstern, basé à Kaliningrad.
François Cuillandre sur les quais de Saint Pétersbourg. En arrière-plan le brise glace Saint-Pétersbourg qui sera à Brest en juillet 2016.
François Cuillandre sur les quais de Saint Pétersbourg. En arrière-plan le brise glace Saint-Pétersbourg qui sera à Brest en juillet 2016.
 

 

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