En novembre et décembre derniers, Jean Lallouët, journaliste honoraire et chargé de mission auprès de Michel Salaün, et Ronan Olier, artiste-peintre, peintre officiel de la Marine, ont effectué un reportage au long cours en Amérique du Sud. Un voyage qui les a menés de la Colombie à l'Argentine, en passant par le Pérou, la Bolivie, le Chili, le Cap Horn et Buenos Aires.

Les deux compagnons de voyage avaient déjà voyagé ensemble, notamment en Russie et en Indochine - ce périple ayant déjà fait l’objet d’un article dans le Salaün Magazine.

Leur aventure en Amérique du Sud a également été partiellement publiée dans ce même magazine. Jean Lallouët et Ronan Olier y racontait leur débarquement au Cap Horn, à la pointe de la Terre de Feu. Dans un prochain numéro, ils raconteront leur escale héroïque et nostalgique à Valparaiso, au Chili.

Pour l’heure, dimanche Ouest-France leur a accordé l’hospitalité de ses colonnes pour un carnet de voyage marqué par six étapes particulières qui ont marqué l’esprit de nos deux marins. Ronan Olier en a fait une gouache et Jean Lallouët en a tiré quelques lignes.

L’ensemble relève d’un regard nourri de bonne humeur et de tendresse.

Quatrième escale : Valparaiso

 


Au Liberty de Valparaiso La terre tremble tous les jours

Le grand photographe chilien Sergio disait d’elle qu’elle était « une ville un peu sordide et romantique » et que son port « était misérable et magnifique ».

On ne peut mieux définir Valparaiso, célèbre pour avoir été, jusqu’à l’ouverture du canal de Panama, la première escale depuis l’Europe pour les grands voiliers qui doublaient le Cap Horn.

Même si la baie n’accueille plus autant de bateaux, la ville a gardé son ambiance et ses traditions portuaires. Au pied des « cerros » qui accrochent à la falaise leurs petites maisons colorées comme autant de nids à bobos, les vieux quartiers du port sont restés le domaine des dockers fatigués, des marins en errance, des lamaneurs désœuvrés, des femmes au grand cœur… La nuit tombée, les lampadaires agonisant éclairent d’une lumière blafarde des quais parcourus d’ombres grises et furtives.

Le soir, le port de Valparaiso est malsain. Mais durant la journée, les bourgeois bohêmes et les touristes ne détestent pas venir s’y encanailler en toute sérénité. Et pour cela la meilleure adresse, c’est le bar Liberty, sur la plazza Echaurren. L’estaminet, vieux de plus de 150 ans, est un endroit extraordinaire, une vraie taverne de pirates, décorée de milliers de trophées oubliés ou offerts par des clients en route pour un autre monde ; le vin et la musique y coulent à flots.

Nous avions découvert l’endroit à midi mais on nous avait assuré qu’exceptionnellement le quartier serait fréquentable ce soir-là : au Liberty on diffuserait en direct le match Chili-Argentine.

Nous avons donc profité du spectacle, et surtout de l’ambiance, en avalant une grosse marmite de potée dans laquelle on avait dû noyer un demi cochon.

Rien de trop, en fait, pour éponger le cocktail maison baptisé « terremoto » (tremblement de terre), le bien nommé. Sa recette est un peu mystérieuse : du vin blanc de préférence non filtré, une grosse boule de glace à l’ananas et, éventuellement, une dose d’alcool de raisin, genre pisco. Dernier point : le breuvage est servi dans un verre d’un litre et la patronne remet systématiquement sa tournée…

Ce soir-là le Chili a battu l’Argentine et on s’est fait plein de potes dont nous avons oublié les prénoms.

Gouache de Ronan Olier

La zone portuaire de Valparaiso a perdu de son activité d'antan. Et la nuit, elle offre un spectacle de tristesse et de solitude.

Le port des conteneurs vit 24 heures sur 24.*

Les funiculaires permettent de gagner la ville depuis le port. C'est pas tout neuf, mais ça marche!

Du haut de la ville, on découvre la rade Valparaiso, abri tant attendu des marins venant du Cap Horn. Valparaiso est resté un port militaire.

Les jolis quartiers du haut de la ville sont très prisés par de jeunes Européens "baba cool".

Ni jeune, ni Européen, mais "cool" quand même!Les jolis quartiers du haut de la ville regorgent de petits hôtels coquets et de pensions cosy.

Ambiance village: Valparaiso est une ville aux multiples facettes.

Valparaiso n'est jamais une ville monotone. Elle surprend toujours celui qui sait s'y perdre...

Cette jolie ruelle porte le nom de Pierre Loti.

Nous voilà prévenus!

Dans la calle Templeman, les fleurs ont chassé les voitures.

 Petite pause contemplative pour le Maître, dans l'un des nombreux passages qui courent d'une ruelle à une autre.

Valparaiso, c'est aussi la vie en couleurs...

La moindre ruelle joue les aquarelles.

Depuis plusieurs années, Valparaiso organise un concours d'artistes de rue. On y vient de tout le continent américain et même de la vieille Europe.

Il faut de bonnes jambes quand on habite dans les "cerros" - les quartiers - les plus escarpés de la ville.

 Le bar Le Liberty, haut lieu du port de commerce. Accueillant - sauf la nuit! - et authentique.

Ca, c'est un bistrot!

Le groupe maison y va de bon coeur...

... Encouragé par des clients séduits par tant d'entrain!

Régulièrement les vieux quartiers  de Valparaiso sont victimes d'incendies spectaculaires. Cette nuit-là, 35 maisons furent détruites mais il n'y eut aucune victime.

Ainsi finissent parfois les vieilles maisons en bois, bousculées par un tremblement de terre ou un incendie.

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