Paysages lunaires, volcans aux cimes enneigées, étendues de sel, geysers bouillonnants, le désert d'Atacama déroule ses paysages à couper le souffle.

Atacama, situé au nord du Chili, est généralement considéré comme étant le désert le plus aride du monde. Dans certaines régions, on ne relève en moyenne que 0,8 mm de pluie à l'année, ce qui en fait l'un des lieux les plus inhospitaliers sur la planète. Le sel, omniprésent, ne cesse de rappeler qu'autrefois la mer submergeait la région.

Certains des sites les plus fascinants montrent que la région abritait, après la disparition de la mer, une série de lacs. Le plus grand était le Salar d’Atacama, qui a depuis séché pour former un vaste désert de sel englobant 1900 km², l'une des plus grandes étendues de sel du monde. Une sensation de vertige nous étreint quand on y pénètre. Tout semble si grand, si infini. Comme la puissance des montagnes qui ourlent l'horizon, dont on ne sait, à cause de la pureté de l'air, si elles sont proches ou lointaines. Ce sont elles qui alimentent en eau et en sels le salar. Par des chemins souterrains, l'eau ruisselle de la cordillère, charriant les sels volcaniques dans les profondeurs du lac asséché: le salar abrite ainsi l'un des principaux gisements de lithium de la planète. Ici et là, l'eau affleure, tendant un miroir aux montagnes et au ciel.

Un certain nombre d’autres lacs ont survécu au passage du temps. La Laguna Cejar est l’une des plus visitées par les touristes: un gouffre dont la concentration en sel culmine à 28%, permettant aux baigneurs de profiter d’un effet flottant similaire à celui de la mer Morte. Difficile de résister à la tentation d’y plonger. Et nous voilà flottant, la tête, les bras et les jambes sortant de cette eau saturée en sels. Au nord-ouest, la fantasmagorique cordillère de sel borde l'oasis.

La Laguna Miscanti surplombée par le volcan Miñiques est également à voir. C'est un endroit totalement perdu, où le temps semble avoir suspendu son vol. Les contrastes de couleurs entre le bleu azur du lac et les tons ocres du sable sont spectaculaires.

Plus loin, le volcan le plus proche du village de San Pedro, le majestueux Licancabur, montagne sacrée des Indiens atacameños, veille sur le désert d'Atacama du haut de ses 5916 mètres.

Les espèces indigènes sud-américaines de flamants des Andes, du Chili et de James peuvent être trouvées ici à certains moments de l’année, et passent jusqu’à quatorze heures par jour dans les lagunes en se nourrissant de crevettes d’eau salée. D’autres espèces animales, quelques rares rongeurs, lézards, renards, lamas, vigognes et autres animaux andins survivent dans ce décor assez hostile.

Contrairement à certains déserts qui ne voient passer sur leurs sols que des populations nomades, le désert d'Atacama est habité à certains endroits. Des petits villages, complètement coupés du monde font figure d’oasis étonnantes. Comment ces peuples survivent-ils sans eau potable et quasiment sans électricité ?

La ville de San Pedro de Atacama, est peuplée depuis 10 000 ans. Les habitants, des Amérindiens de la tribu des Aymaras pour la plupart, exploitent les mines de cuivre de la région, parmi les plus riches du monde, font du commerce et commencent à s'ouvrir au tourisme. 

San Pedro est devenu le pôle d'attraction touristique numéro un du nord du Chili et du désert d’Atacama. Hôtels, restaurants, agences d'excursions se sont multipliés ces dernières années dans ses ruelles en terre battue. Devenu cosmopolite, le village n'a toutefois rien perdu de son charme. Autour de sa rue principale, s'égrènent ses maisons couleur terra cotta, son agréable place ombragée et son église blanchie à la chaux, l'une des premières du Chili, construite en bois de cactus et de caroubier.

 

Atacama, considéré comme étant le désert le plus aride du monde.

Statues de sel.

La Vallée de la Lune, près de San Pedro de Atacama.

La Laguna Cejar. Tout comme la Mer Morte, sa forte salinité permet de flotter. Au loin, le Volcan Licancabur, 5916 mètres.

La Laguna Miscanti et le volcan Miñiques.

La couleur ocre rouge du désert.

Atacama 008: Les flamants des Andes, du Chili et de James se nourrissent de crevettes d’eau salée.

Atacama 009: Quelques espèces animales survivent dans ce désert hostile. Ici, un renard.

Atacama 010: L’église de San Pedro de Atacama, une des premières du Chili, blanchie à la chaux.

 

Author image
Thèmes associés : #Reportage

Partagez cet article :

0 commentaires

Réagir

@