Au sud-est de l'Europe, riveraine de la mer Noire et séparée de la péninsule des Balkans par le majestueux Danube, la Roumanie s'enroule autour de l’arc des Carpates qui a  déterminé au fil des siècles la carte politique de la région. Moins fréquentées que la capitale Bucarest, des villes historiques comme Brasov ou encore des destinations balnéaires comme Constanza, deux régions enclavées au nord du pays ont conservé un patrimoine et un charme exceptionnel : le Maramures et la Bucovine. [gallery ids="1535,1534,1532,1536,1539,1537,1538"]

Un musée à ciel ouvert

En venant de Hongrie, la distance pour rejoindre la ville de Baia Mare n'est pas énorme mais dès le poste frontalier roumain franchi, on a comme l'impression d'avoir reculé dans le temps. L'état des routes, le nombre de charrettes tirées par des chevaux qui les empruntent, les vieilles maisons en bois qui les bordent, tout vous transporte cent ans en arrière ! Baia Mare est aujourd'hui la capitale du Maramures. Elle a dû son essor à l'exploitation minière, et son renom aux célèbres peintres, souvent magyars, qui y créèrent une école de paysagistes. Plus près de nous, en 2000, elle fut le théâtre de l'une des pires catastrophes écologiques connues, lorsque 100 000 m3 d’une solution à base de cyanure furent accidentellement déversées dans une rivière qui pollua ses cours d'eau jusqu'au Danube. On s'enfonce avec plaisir dans cette région où les vallées se succèdent de petits cols auxquels on accède par des routes sinueuses à souhait. Dans celle de la Tisa, à Sighetu Marmatiei, après avoir salué la maison natale d'Élie Wiesel, l’écrivain rescapé de la Shoah, auteur de 'La nuit', une halte s'impose à Sapanta. Ce village est en passe de devenir le plus célèbre de Roumanie grâce à son étonnant Cimetière joyeux !

Le bois au cœur du patrimoine La religion prend une place très importante en Roumanie, où 86% des habitants sont chrétiens orthodoxes. Après avoir été longtemps interdite, la pratique religieuse regagne du terrain. On ne peut être que marqué par le nombre de constructions d'églises en cours. Des monastères ont même été reconstruits après la Révolution de 1989, comme celui de Barsana. Édifié sur le site où fut reconstruite la vieille église du village, au cœur d'un parc verdoyant et fleuri, c'est en fait un véritable complexe monastique bâti en bois selon les règles de la construction traditionnelle du Maramures. L

a bucovine, entre couleurs et ferveur

A l’extrême nord-est, aux confins de la Roumanie et de l'Ukraine, la Bucovine n'est pas en reste. De merveilleux monastères peints jalonnent cette terre de légendes et d'histoire. Le parcours de monastère en monastère permet ainsi de s'imprégner de fabuleux paysages et de surprenants villages. En Bucovine comme dans le Maramures, dans ces régions préservées de tout, les traditions perdurent et le passé culturel comme le brassage des populations n'ont fait qu'ajouter au caractère authentique. La Bucovine, avec son paysage vallonné et ses montagnes boisées, est en fait la partie nord de la principauté historique de Moldavie. La Moldavie dont une partie du territoire a échappé aux Roumains pour former un état indépendant, la République de Moldavie. C'est une terre de légendes et de traditions où la population reste très attachée à des métiers parfois ancestraux, aux défilés de fanfares, aux processions masquées. L'artisanat est bien évidemment marqué par tout ce qui touche au travail du bois. Et puis, il y a les œufs peints, les oua pictate, dont la confection est perpétuée presque exclusivement par la minorité slavophone houtsoule. Quittons la Bucovine pour prendre la direction du Sud : la ville de Pietra Neamt a beaucoup grandi, et le béton étouffe son vieux centre historique où se côtoient les statues de Stefan cel Mare et de la Petite Sirène. Un téléphérique passe au dessus des immeubles pour grimper jusqu'au Mont Cozla et son promontoire panoramique. On peut aussi s'éloigner vers le pays Sicule et emprunter les gorges de Bicaz pour aller faire un tour de barque sur le très populaire Lac rouge. Histoire de juger si sa couleur est due à l'oxyde de fer qui règne en maitre ici... ou à quelques légendes sanguinaires qui se colportent de familles en familles! Quelle que soit votre réponse, vous finirez comme tous les autochtones en dégustant ces adorables gâteaux hongrois en forme de rouleaux, les kürtös. En pensant à toutes ces autres merveilles que la Roumanie vous réserve. Tulcéa et le Delta du Danube ne sont par exemple qu'à trois cents kilomètres. Après un parcours de 2 850 kms à travers une bonne dizaine de pays, le majestueux Danube explose là en mille petits bras, comme pour retarder l'échéance et le moment où il devra se jeter dans la Mer Noire. Ce Delta à l'extraordinaire biodiversité est un sanctuaire européen de la faune aquatique en même temps qu'un petit paradis pour les oiseaux. Le Commandant Cousteau ne s'y était pas trompé, lui qui contribua grandement à ce qu'il devienne Réserve de Biosphère... A lire aussi : La Roumanie le pays qui vaut bien mieux que son image   Article à découvrir dans son intégralité dans le dernier numéro du Salaün Magazine        

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