Connue pour ses chevaliers ou sa place stratégique en Méditerranée, l’archipel de Malte a également accueilli l’une des premières architectures religieuses de l’histoire humaine. Une partie de ses intrigants temples du Néolithique ont d’ailleurs été classés au patrimoine de l’Humanité et constituent une idée originale pour découvrir ces îles.

Entre Afrique et Europe, Malte a longtemps joué le rôle de tremplin de civilisation et recèle bien des trésors archéologiques et historiques. L’archipel possède ainsi les plus vieux exemples d’architecture religieuse du monde, d’étonnants temples du Néolithiques dont les plus anciens remontent à plus de 7000 ans. On en recense 33, mais les spécialistes estiment qu’une quinzaine d’entre eux ont été détruits par les chantiers de construction (avec plus de 200 000 habitants, Malte est l’un des territoires les plus densément peuplés du monde) ou les bombes de la dernière guerre.

Civilisation perdue

Les premières traces de construction remontent à 5200 ans avant notre ère, soit quelques siècles avant le premier monument mégalithique en Europe, le cairn de Barnenez en Bretagne. Les premiers groupes humains viennent alors de s’installer dans l’île, sans doute en provenance de Sicile ou du Maghreb. Ils découvrent une faune étonnante, particulièrement des éléphants et des hippopotames nains. Coupés du continent après la dernière glaciation, ces animaux s’étaient adaptés et avaient vu leur taille décroître.

La grande période de construction des temples maltais débute en 4500 avant J.-C, pour se terminer vers 2500 avant J.-C, la période où sont construites les premières pyramides égyptiennes. Cinq d’entre eux, les plus remarquables, sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Le site le plus impressionnant est sans conteste l’hypogée de Hal Saflieni, un vaste complexe creusé dans le sol et comprenant 50 salles sur quatre niveaux. Il a été découvert en 1902 et recelait de nombreuses sépultures et statuettes. Son acoustique est surprenante. Hélas, pour des raisons de conservation, les visites sont très rares.

Décors en spirales et déesse-mère

On peut en revanche parcourir le vaste complexe de Mnajdra, protégé par un dôme moderne. Situé à 200 mètres de la mer, il est construit avec des blocs de calcaires de plusieurs mètres de haut, une prouesse à une période où les outils métalliques n’existaient pas. Il possédait sans doute un toit en dôme et avait une fonction astronomique. Aux équinoxes, les rayons du soleil traversent l’entrée principale. Durant les solstices, ils viennent s’éteindre sur des mégalithes placés à côté de ce complexe bâti en forme de feuille de trèfle, dont le plan figure sur les centimes d’euro maltais.

Sur l’île de Gozo, on peut admirer à Gganija, la « tour des géants », à l’architecture surdimensionnée. Sur l’île principale, le site de Tarxien est également remarquable par la complexité de son architecture et les nombreux motifs en spirale sculptés sur les parois du temple. On y découvre la base d’une imposante statue, sans doute la représentation d’une déesse-mère à laquelle était voué un culte de la fertilité. De nombreuses autres statues du Néolithique, réalisées dans un style épuré, ont été mis au jour sur les sites maltais. Elles constituent des témoignages émouvant sur cette civilisation disparue, dont les historiens ne savent pas grand-chose.

Méconnus, les temples du Néolithique de Malte sont une opportunité originale de découvrir un archipel de Malte aux multiples atours.

La base du corps d'une déesse présent sur le site de Tarxien

Le temple de Tarxien était sans doute lié á des rites de fertilité

Les temples de Mnajdra sont l'un des sites Néolithiques les plus importants de Malte

L'un des passages du temple de Mnajdra

 

 

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