Nos rédacteurs, voyageurs passionnés, vous livrent, au fil de leurs escales et de leurs pensées, leurs humeurs du moment, leurs coups de gueule d'un soir. Des plumes irrésistibles qui nous font voyager avec délectation.

Notre Euro - et ces journées passées à ingurgiter du football à la chaine et à regarder des garçons surcoiffés, surtatoués et surpayés se disputer un ballon de plage – m’ont ramené quelques semaines en arrière à Buenos Aires.

Avec mon pote Ronan, peintre de Marine et de génie, nous terminions, dans la capitale argentine, un long périple en Amérique du Sud. Nous ne pouvions malheureusement y passer que quelques heures. Autant vous dire qu’elles furent consacrées, pour l’essentiel, au quartier populaire de « La Boca ». Quartier touriste jusque la fin du jour. Après… C’est autre chose.

Mais dans la journée, c’est génial ! Tout ce qui a pu être dangereux dès la pénombre, infréquentable dans la nuit, plein de regrets ou de blessures au petit matin, s’éclaire d’une nouvelle lumière. Et quelle lumière ! Tout simplement divine !

Dans le plus humble des bistrots, au-dessus du comptoir le plus minable, du patron le moins aimable, vous avez au-dessous de vous, humble client, le Pape François qui vous bénit. Et – il faut bien le dire – au-dessus de lui, Diego. Diego Maradona et sa « main de Dieu ». Celle qui, en 1986, permit à l’Argentine de se venger de la défaite des Malouines, en Coupe du Monde.

Dans le quartier de « La Boca », le pape François, qui fut l’évêque de la ville, semble non seulement pardonner ce geste contesté de son fidèle parmi les fidèles, mais donner sa bénédiction papale à cette sacralisation du but historique que le petit Diego de La Boca avait, un peu abusivement sans doute, attribué à Dieu lui-même.

On peut toujours discuter. Ronan et moi, on a préféré considérer que leurs deux gestes harmonieux, bras levés, étaient, comme ils l’eussent été considérés en Finistère, une invitation à remettre la même chose.

Ce que nous fîmes, bien sûr. Par courtoisie et simple convenance.

Avec une modération dont nous laissons Diego Maradona seul juge.

Author image
Thèmes associés : #Brèves d’escales

Partagez cet article :

0 commentaires

Réagir

@