Les Fjords de Norvège ont été élus par le magazine National Geographic Traveller « plus belle destination touristique au monde » et ce, parmi une 100 aine d’autres lieux époustouflants. Qualité environnementale et écologique, intégrité sociale et culturelle ou encore état de conservation des bâtiments historiques et sites archéologiques… Autant de critères pris en compte par les 400 experts du tourisme dédiés à la tâche. Cette distinction est l’occasion de revenir sur cette destination exceptionnelle qu’est la Norvège, présentée ici par le journaliste Jean Beveraggi lors d’une expédition estivale d’Oslo au Cap Nord.

Qui n'a jamais rêvé de fjords, de lacs, de glaciers? Qui n'a jamais espéré pouvoir parcourir ce Grand Nord où, en été, le soleil reste au dessus de l'horizon pour ensoleiller les nuits? La nature norvégienne a façonné ce pays au point d’inspirer toute une civilisation. De surcroît, la population de cette monarchie parlementaire a belle réputation. Ses habitants sont conviviaux, chaleureux et ne cèdent pas à la mélancolie. Vivant en harmonie avec une nature généreuse, riches d'une histoire pour le moins mouvementée, ils ont su s'adapter à leur environnement, aux variations du climat et à la transformation d'une société à laquelle les immenses gisements de pétrole ont donné un sacré coup de pouce, économiquement parlant. Pour prendre la mesure de ce pays de plus de 385 000 km², toutes les techniques sont bonnes. On peut le découvrir à pied, en ski, en motoneige, en chien de traineaux, par la route ou par la mer. C'est en autocar que nous avons choisi d'entreprendre un périple estival d'Oslo au Cap Nord. Plus 2400 km – sans compter quelques ferrys et une petite croisière – au pays des Trolls, les lutins du Nord.

Oslo, en lettres capitales Dès la sortie de l'aéroport, on retrouve les paysages caractéristiques de la Norvège, avec de vastes fermes rouges en bois et des forêts de résineux. A l'entrée d'Oslo, un tunnel débouche directement sur le fjord au fond duquel s'étend la paisible capitale norvégienne. Cette dernière abrite de très beaux monuments et pas moins de cinquante-trois musées dont plusieurs sont remarquables. A ne pas manquer, le musée consacré aux œuvres d'Edvard Munch, l’auteur de la célèbre toile « Le cri », dont on a fêté l'an dernier le 150e anniversaire de la naissance. Nichée à l'extrémité de l'un des plus beaux fjords de Norvège, la ville est aussi entourée d'îles et de collines boisées. Aujourd'hui, Oslo, qui compte plus de 600 000 habitants, s'impose comme le cœur économique du pays. La ville est en pleine mutation, parsemée de grands chantiers. Dans une zone jusque là réservée aux activités portuaires ont surgi des aires de loisirs, des logements, des restaurants et un nouvel opéra. Ce magnifique bâtiment en marbre blanc est le plus grand édifice culturel jamais édifié en Norvège. Il est doté de deux auditoriums, d'une capacité respective de 1 350 et 400 places. Cet opéra est d'ores et déjà considéré comme le nouveau symbole de la ville d'Oslo en raison de l'originalité de son architecture signée Snøhetta. Le centre ville est traversé de part en part par une grande artère piétonne, l'avenue Karl Johan sur laquelle les habitants aiment faire leurs achats et se retrouver. Autre lieu de rencontre privilégié, les quais des anciens docks d'Aker Brygge. Pour le touriste itinérant confronté à un grand choix de visites et d'activités en un minimum de temps, le choix est difficile. On ira donc à l'essentiel en recommandant l’étonnant parc Vigeland. Avec plus d'un million de visiteurs par an, ce parc figure parmi les premières attractions de Norvège. Il rassemble les œuvres d'une vie de travail du sculpteur Gustav Vigeland (1869-1943), plus de deux cents sculptures en bronze, granit et fer forgé. Vigeland a aussi imaginé et dessiné l’aménagement du parc. Un musée à sa gloire jouxte ce dernier. Autre incontournable, le superbe musée des bateaux vikings, à Bygdøy. On peut y voir les navires les mieux conservés au monde, découverts dans trois tertres funéraires près du fjord d'Oslo, où ils avaient été déposées il y a plus de 1100 ans afin de transporter leurs propriétaires royaux lors de leur ultime voyage jusqu'au royaume des morts... Pour rester en mer, on n'oubliera pas de rappeler que d'autres musées tels le Fram (du nom de ce navire construit en 1892 et dédié aux expéditions polaires), ou encore le Kon-Tiki (rappelant la traversée de l'Atlantique par Thor Heyerdahl en 1948) sont là pour attester combien les Norvégiens ont toujours été de grands aventuriers, de grands explorateurs. Ces musées aussi méritent le détour. Ou pourront vous inciter à revenir  à Oslo pour un plus long séjour...Le nouvel opéra d'Oslo à l'architecture signée Snohetta.

Le nouvel opéra d'Oslo à l'architecture signée Snohetta.

Cap au nord, pour oublier la nuit Visiter la Norvège en autocar n'a rien de fastidieux. La qualité, le confort et l'extraordinaire vision panoramique qu'offrent les autocars de nouvelle génération sont les garants d'un voyage qui permet d'apprécier à tout instant les vallées que l'on traverse, les lacs et les rivières que l'on longe, les fjords que l'on contourne et les montagnes que l'on gravit. Le gouvernement norvégien, qui n'a pas lui les mêmes contraintes budgétaires que bon nombre de pays grâce à sa manne pétrolière, s'emploie d’ailleurs depuis quelques années à conforter et moderniser son réseau routier. En renforçant l'attractivité économique de zones rurales ou éloignées des grandes villes, il a contribué également au développement du tourisme. On ne compte plus les ponts, viaducs, aires de repos et autres tunnels aux architectures créatives et fonctionnelles qui parsèment ces routes dont certaines ont obtenu le label de « Routes Touristiques Nationales ». En quittant Oslo, il faut être conscient que les heures de route seront nombreuses car la Norvège s'étire très loin vers le Nord. Amusez vous à mettre un doigt sur Oslo, un autre sur le Cap nord et à faire pivoter votre carte routière. Vous vous apercevrez alors que le cap Nord descend jusqu'à... Rome ! Aussi, malgré l'excellence du réseau routier et compte-tenu que l'on roule ici beaucoup moins vite qu'en France, sept étapes sont prévue au menu de cette remontée en direction du pôle Nord. Après une journée de visites à Oslo et malgré une météo capricieuse, nous prenons la direction de Lillehammer en longeant le lac Mjosa. Mondialement connue pour avoir abrités les JO d'hiver de 1994, cette petite ville-station de 26 000 âmes bénéficie de magnifiques structures et installations. Même en plein été, le tremplin de saut à ski ou la piste de bobsleigh se visitent. Nous sommes déjà dans l'Opland qui fût jadis – au début de l'ère viking – un royaume indépendant. C'est un des rares comtés du pays à ne posséder aucune ouverture sur la mer. En revanche, ses chaînes de montagne, telle le Jotunheimen, comptent les plus hauts sommets de Norvège. Un peu en amont de Lillehammer, à quelques encablures de la route nationale, il faut prendre le temps de visiter la petite église en bois debout de Ringebu. Une pure merveille qui invite à la méditation. Tout comme le magnifique coucher de soleil, l'un des derniers de notre escapade scandinave, qui nous accompagnera dans notre hôtel de Gala, petite station typique qui domine la vallée. Notre deuxième étape doit nous conduire à Trondheim, capitale de la Norvège du centre. Une belle ville à la fois jeune et historique au bord du fjord éponyme. Avant d'y parvenir, on plonge déjà dans le quotidien des Norvégiens lors d'une pause dans un village, d'une halte à la station-service, d'emplettes dans un supermarché. La remontée de la vallée du Gudbrandsdalen vers Dombas puis Oppdal (l'une des stations de sports d'hiver les plus réputées) donne un aperçu de l'architecture traditionnelle. De longues vallées succèdent à de grandes zones boisées avant que l'on n'arrive à Trondheim. Première capitale du pays et ville du sacre, elle ne vit pas qu'en souvenir de son passé, même si la cathédrale de Nidaros – où repose à présent le tombeau de Saint Olav – est un magnifique édifice qui n'est pas sans rappeler Notre-Dame-de-Paris ! La ville est un véritable pôle d'attraction pour la recherche et l'enseignement des technologies de pointe. Et un centre culturel reconnu. Après avoir traversé le pont Bybrua, on prend plaisir ici à flâner dans le vieux quartier de Bakkelandet surplombé par la forteresse de Kristiansten. Et on n'échappe pas à l'irrésistible envie d'immortaliser par la photo ces vénérables vieux entrepôts maritimes en bois du XVIIIe de Bryggene. A faire dans le cliché, celui là sera au moins coloré !Entrepôts maritimes colorés de Bryggene à Trondheim

Entrepôts maritimes colorés de Bryggene à Trondheim

Du bon saumon... à volonté! La carte de la Norvège semble s'étirer au fil des jours. Nous voici déjà au troisième. La remontée continue, semblable aux saumons dont le nom est étroitement associé au pays. Produit national par excellence, on en trouve dans quasiment tous les restaurants et pas seulement pendant la période des fêtes de fin d'année... Nous avons justement rendez-vous à midi avec l'un des hauts lieux de leur histoire. Avant de parvenir, en fin de journée, à notre prochaine ville-étape, Mo I Rana, près de 500 km, nous attendent. Malgré une météo de nature à ne satisfaire que mes vieux amis bretons, le nord du Trondelag étonne par la variété de ses paysages. On passe de rivières en lacs, on contourne des fjords et de grandes baies, on découvre d'immenses cultures céréalières et de grandes exploitations forestières. C'est surtout ici que l'on trouve l'une des rivières à saumons les plus réputées d'Europe, la Namsen ! Prés de Grong,  l'une des trois chutes d'eau, Fiskumfoss, alimente une centrale hydroélectrique. Mais plus remarquable encore, la ville a également construit une gigantesque échelle à saumon pour aider les poissons à passer ce dénivelé. C'est en bordure de cet ouvrage qu'est installé le « Namsen Laksakvarium ». Tout à la fois aquarium et musée, cet établissement  dédié au saumon est aussi un espace de dégustation unique au monde. Sans avoir à pêcher ni à bénéficier des cours de lancer dispensés par des guides de la maison, sans avoir à attendre que les saumons frayent vers la mi-octobre, on peut à volonté goûter à une dizaine de préparations différentes de poisson à chair rose... Les aristocrates anglais qui ont, à partir de 1830, développé les techniques de pêche au saumon ont eu bon goût! Les rives des cours d'eau environnants ne réservent d'ailleurs pas que des surprises liées au génie des hommes de notre temps. De surprenantes gravures rupestres ont été ainsi découvertes en ces lieux où chasse et pêche étaient le quotidiens des premiers habitants de ces contrées. Avant d'arriver à Mosjoen, nous pénétrons dans le Helgeland, région la plus méridionale du Nordland, la Norvège du Nord. Le royaume s’étire encore 600 km vers le nord…Tout en se rétrécissant. En plusieurs endroits, sa côte, dessinée telle une broderie de chapelets d'îles et de fjords, aux montagnes sauvages qui font frontières avec la Suède, se trouve à moins d’une dizaine de kilomètres de la frontière avec la Suède. Terme de notre étape du jour, Mo I Rana nous attend, calé au fond d'un fjord. Cet ancien comptoir de troc créé par la famille Meyer au milieu du XIXe siècle bénéficia ensuite de l'exploitation des mines de fer dans la région. Et du développement du chemin de fer. Petite ville de moins de 30 000 habitants, elle demeure un centre de commerces et de services. Ce soir justement, nous logeons au Meyergarden Hotell, l'ancienne résidence de la célèbre famille... Jusqu'ici, nous avons été hébergés dans d'excellents établissements, confortables, modernes et au service impeccable. Là, la décoration de l’ensemble, le somptueux mobilier du siècle dernier, les escaliers en bois et une foule d’autres détails sont de nature à nous transporter. Un rêve... éveillé. Que l'on peut d’ailleurs à sa guise prolonger toute la nuit. En effet, j’ai oublié de préciser que nous sommes quasiment à hauteur du Cercle polaire, que nous franchirons très symboliquement demain matin. La nuit a totalement disparu pour laisser place au soleil et à une clarté qui demeure vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le phénomène va en s'amplifiant au fur et à mesure que l'on se dirige vers le nord. Il débute en mai et dure plusieurs semaines, voire trois mois au Cap Nord. Pas évident alors de régler notre propre horloge biologique. Mieux vaut ainsi penser à se procurer un masque de sommeil pour la nuit car de surcroît, en Norvège comme dans tous les pays scandinaves, les volets et autres stores ne font toujours pas partie du décor!

Les Lofoten, comme un air de paradis

Pierre Dac aurait pu dire que l'on doit avoir moins de difficultés à sortir du lit au lever du jour … lorsque celui-ci ne s'est jamais couché. En fait, aussi bizarre que cela puisse paraître, la lumière éternelle en été vous insuffle une énergie surprenante. Le départ très matinal pour Svolvaer est d'autant plus enthousiaste que ce petit port est situé sur les mythiques îles Lofoten. Il faudra au préalable avaler 360 kms de bitume et une belle traversée du Vestfjord en ferry. Dans la Norvège du Nord, vaste étendue aussi grande que la Belgique, les Pays-Bas et la Suisse réunis, les habitants empruntent les ferries comme les parisiens le métro. Ils sont toutefois beaucoup moins nombreux que ceux-ci  puisque l'on estime que sur ce territoire qui couvre 1/3 de la superficie du royaume vivent moins de 500 000 personnes. Peu de temps après avoir quitté Mo I Rama, nous parvenons au Cercle Polaire Arctique. 66°33', nous y voilà. Avouons le, sous un ciel gris et des rafales de pluie, le site n'a rien d'enchanteur. Même si le paysage de toundra qui l'entoure lui confère une certaine aura. Le « Polarsirkelen » norvégien propose bien un petit musée mais surtout une boutique de souvenirs bien achalandée, une cafétéria et des toilettes. La boîte aux lettres qui oblitère vos cartes postales avec le cachet du cercle polaire remporte toujours un franc succès. Et si vous le demandez avec le sourire, c'est ce même cachet qui viendra honorer une page de votre passeport pour attester de votre passage! Le temps d'un déjeuner à Fauske et d'une petite sieste réparatrice -et digestive- dans le confortable siège de notre autocar (en position allongée je vous rassure), et nous voilà dans le petit village côtier de Skutvit. Sur la jetée, au bout du quai, il y a bien un semblant d'embarcadère et une barrière, mais nulle âme qui vive et pas le moindre employé de la Cie de ferry. En fait, tout s'anime lorsque notre navire se pointe et qu'à partir du bord un marin s'active télécommande en main. En moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, le bateau accoste, l'autocar embarque et ses passagers devenus piétons eux aussi. Direction les Lofoten pour deux heures de navigation, avec au passage un petit arrêt dans la minuscule île de Skrova sortie tout droit d'une carte postale. Les lumières ensorcelantes des Lofoten décrites par tant de conteurs et d'écrivains ne sont pas vraiment au rendez vous en cette fin de journée. Le ciel est bas, de gros nuages noirs menacent mais le tout confère un cachet exceptionnel à ces îles classées parmi les plus belles du monde selon le magazine anglais The Observer. Situé un peu au large, cet archipel en retrait du monde se veut résolument sauvage et authentique. Depuis des siècles, la morue et le cabillaud arctique constituent la base de l'économie locale. Pêchés en hiver, les poissons finissent sur des claies, de grands séchoirs disposés devant les immuables maisons de pêcheurs. Les Lofoten, ce sont des montagnes et des pics qui viennent se noyer dans des eaux turquoises. La météo -on aura encore l'occasion de le constater- y est changeante. C'est à Svolvaer que nous débarquerons. Il s'agit en fait de la principale ville des Lofoten blottie au  pied d'une curieuse montagne appelée « la chèvre », son sommet ressemblant à deux cornes de l'animal. Jadis entièrement consacrée à la pêche, son activité se tourne de plus en plus vers le tourisme. La taille, le confort et la qualité de l' établissement de la chaîne hôtelière « Thon » qui nous accueille, attestent de la réussite de la reconversion de ce gros bourg... Les Lofoten et le cortége d'îles qui les constitue, s'étirent sur prés de 200 kms du nord au sud. Elles ne sont peuplées que de 24 000 habitants permanents et disposent d'un réseau et d'infrastructures routières incroyables. Grâce à la manne pétrolière encore une fois. Ce pétrole qui a d'ailleurs failli causer la perte de cette région sanctuaire. Car les grandes compagnies ont décelé de l'or noir juste au large! Heureusement, en 2011 le gouvernement norvégien a interdit jusqu'à nouvel ordre tout forage. Nous aurons la chance de parcourir durant toute une journée ce petit paradis composé de plages de sable blanc, de prairies et pâturages, de montagnes sculptées et façonnées par les glaciers. Une pause à Henningsvaer, pittoresque et coloré village, et l'on poursuit notre découverte vers Stamsud et Mortsund enfin accompagnés par quelques rayons de soleil. La pause déjeuner aura pour cadre aujourd'hui les Rorbuer de Statles Rorbusenter, autrement dit un bel ensemble d' anciennes cabanes de pêcheurs transformés en gîtes et restaurants. Le décor est à couper le souffle mais pas l'appétit, rassurez-vous. A l'heure du café, un navire de croisière battant pavillon italien viendra, pour le plus grand bonheur des photographes, mouiller dans la baie. Il est temps de quitter les Lofoten. Non sans se poser une question. Peut-on encore les qualifier d'îles? Car nul besoin de prendre un navire -ou l'avion- pour les quitter et rejoindre le continent via l'archipel des Vesteralen ! Depuis six ans, la Lofast, -diminutif de LOfoten et FASTland (terre ferme) est ouverte. Un magnifique axe routier où ponts et tunnels se succèdent. On descend ainsi parfois sous la mer tout en roulant confortablement. Décidément quand on n'a pas de pétrole, on peut avoir des idées. Mais quand on en a, on peut les concrétiser... Ce qu'il y a de bien dans ce périple estival au Nordland, c'est que nous n'arrivons jamais de nuit à notre hôtel. D'ailleurs, la montre devient presque superflue. En fin de journée nous voilà donc à Harstad, petite ville de 23 000 habitants disposée en étages à partir du port et du magnifique hôtel « Thon » version locale. Le port de Harstad est l'un des 34 ports norvégiens desservis tout au long de l'année par les onze navires d'Hurtigruten. Ça tombe plutôt bien car demain matin on quitte le bus pour une journée afin d' embarquer à bord de l'Express Côtier MS Midnadsol. Cap au nord sur le comté de Troms, celui du soleil de minuit et des aurores boréales. Cap sur Tromso plus précisément, que l'on devrait atteindre au bout de six heures de navigation.Les mythiques îles Lofoten

Les mythiques îles Lofoten

Cet Express Côtier qui fait tant rêver Beaucoup de grands voyageurs affirment que la flotte Hurtigruten offre l'un des plus beaux voyages en mer du monde en permettant à ses passagers de découvrir au fil des saisons les paysages exceptionnels du littoral norvégien. Ce qui est sûr, c'est qu'au gré de 120 ans d'exploitation (fêtés par la société l'an dernier), l'Express Côtier imaginé alors par le Capitaine Richard With a gagné ses lettres de noblesse. Hurtigruten (de  hurtig ruten, route rapide) dispose de 11 bâtiments qui longent quotidiennement la spectaculaire côte de Norvège de Bergen à Kirkeness en desservant au passage 32 autres ports. Les navires transportent à la fois des touristes et des locaux de port en port, et assurent aussi le fret. Véritable cordon ombilical du royaume, la ligne de l'express côtier est un modèle du genre en terme de professionnalisme de l'équipage et de service rendu. Tout est parfaitement huilé, minuté et lors des escales l'on reste béat devant le peu de temps que prennent chargement et déchargement. A peine installés à bord, notre navire prend le large. Les salons sont confortables et permettent de contempler en toute quiétude les magnifiques paysages qui défilent tant à bâbord qu'à tribord. De passes en fjords étroits, la progression semble inexorable. Sur le pont supérieur, malgré une température plutôt basse pour la saison, quelques courageux profitent du jacuzzi. Avant de faire une rapide escale à Finnsnes, le MS Midnatol se faufile et passe si prés de la côte que l'on a  l'impression d'entendre les conversations des habitants du littoral! Bientôt, à peine terminé le copieux déjeuner servi, on aperçoit les premiers bâtiments de Tromso, la cité arctique. Située quasiment à 70° de latitude nord, c'est la ville point de départ des expéditions polaires et de la chasse arctique depuis plus de 150 ans. Ici, tout relève du livre des records. La cathédrale? La plus septentrionale du monde. L'université? Idem. Ce qui est certain par contre c'est que cette cité de 65 000 habitants déborde d'activités culturelles et nocturnes. Et qu'il paraît impossible de compter le nombre de ses bars et restaurants. A tel point qu'elle a gagné le surnom de « Petit Paris du Nord »... La Mackol, la bière la plus populaire du pays, est brassée ici. Et contribue à n'en pas douter à l'ambiance chaleureuse et festive qui prédomine ici, comme nous avons pu en juger au Olhallen, le pub de la brasserie … la plus septentrionale du monde. Mais il n'y a pas que les amateurs de bière qui se régalent à Tromso. Les adeptes d'expéditions et autres amoureux des régions arctiques ne manqueront pas la visite de Polaria, un espace à la fois parc d'attractions, musée et centre d'études. Ni le Polarmuseet qui dans une ancienne maison des douanes classée monument historique retrace parfaitement les expéditions d'Amundsen. Après 22h, alors qu'un magnifique soleil inonde encore les terrasses des bars situés sur le quai, l'envie nous prend de monter, avec l'aide précieuse du téléphérique, au sommet du Storsteinene, la montagne qui domine la ville. Mais est-ce bien sérieux? Demain, nous arrivons au Cap Nord. Et promis, juré, on attendra minuit pour dire bonjour au soleil. Une nuit blanche au bout du bout de l'Europe, mieux vaut être en forme pour la vivre.L'Express Côtier d'Hurtigruten, une balade de rêve au fil des fjords et des paysages grandioses de la Norvège.

L'Express Côtier d'Hurtigruten, une balade de rêve au fil des fjords et des paysages grandioses de la Norvège.

Cap Nord, le bout d'un beau voyage Au lever, la météo a de nouveau fait des siennes. Au ciel bleu et au soleil radieux d' il y a quelques heures à peine ont succédé un ciel gris et des averses. Pour remonter jusqu'à Honningsvag, la ville portuaire la plus prés du Cap nord, il va nous falloir préalablement avaler 500 kms à travers le Finnmark. Et encore, notre autocar -que nous avons réintégré avec un certain plaisir- s'économisera quelques dizaines de kms supplémentaires en effectuant deux rapides et confortables traversées en ferry. Passée Alta, la grande ville du conté, la route qui mène aux confins du vieux continent permet de découvrir des étendues verdoyantes, des petits ports de pêche et parfois, au détour d'un virage quelques rennes pas affolés du tout. Nous aurons finalement oublié les gravures rupestres d'Alta vieilles de 6 000 ans et pas prêtes de disparaître, pour honorer un rendez-vous important. Imaginez-vous que pour patienter, attendre cette nuit qui ne viendra pas et cette heure fatidique de minuit, nous passerons notre temps à déguster de fabuleux crabes géants. La prestation proposée  par ces pêcheurs a été entièrement pensée et conçue pour des touristes. Mais cela n'enlève rien à la chaleur de l'accueil et à celle du feu de bois qui crépite sous le « lavvu », la tente traditionnelle sous laquelle nous sommes installés. Chacun peut à sa guise sacrifier à la traditionnelle pose safari en tenant l'une de ces monstrueuses pièces. Et franchement, la mise en garde de certains de nos amis nous expliquant que ces crabes géants pêchés du côté de Mourmansk s'étaient généreusement nourris des rejets radio-actifs de la flotte militaire soviétique, ne nous a pas empêché de profiter pleinement de ce dîner particulier. Il était temps alors de rejoindre notre hôtel à Honningsvag. Située sur l'île de Mageroya  reliée au continent par un tunnel sous-marin de 6 kms,  la petite ville se trouve à mi-distance entre le Pôle Nord (2110 km) et Oslo(2119 km). Son port est l'un des plus importants de la Norvège du nord. C'est surtout rien de moins que le second port de croisière du pays car en période estivale on ne compte plus les paquebots qui déversent leurs flots de passagers désirant se rendre au sommet de la fameuse falaise du cap nord. C'est chaudement vêtus que nous entreprenons le dernier petit bout de notre longue escapade norvégienne. Trente six kilomètres et une montée sur le plateau pour le moins impressionnante. La chaussée grimpe en lacets à travers un paysage lunaire d'où toute végétation est absente. Et au bout nous y voilà! A 71° de latitude nord... Autant vous l'avouer, le soleil de minuit n'est jamais arrivé ce jour là. C'est à peine d'ailleurs si, de l'intérieur du bruyant et gigantesque centre des visiteurs, nous avons pu distinguer le célèbre monument du globe. Le « Nordkapphallen», ses boutiques, ses restaurants, ses expositions, ses attractions, sa chapelle et... son bureau de poste, n'est en fait qu' un grand centre commercial dont l'entrée est payante.. Les norvégiens ne s'y sont pas trompés car ils savent que bon an mal an, prés de 200 000 visiteurs se présentent ici. Mais nonobstant ce constat, la magie opère, même si les dieux du ciel n'ont pas voulu, ce jour là, être de la partie.

Le cercle polaire arctique à 66°33'.

Le cercle polaire arctique à 66°33'.

 
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