A l’extrémité sud-est du Portugal, la forteresse de Sagres garde le souvenir d’Henri le Navigateur et de son école de géographie, créée à la fin du Moyen Âge. C’est d’ici que partirent les premières grandes expéditions européennes qui devaient changer la face du monde.

A quelques kilomètres des plages très touristiques de l’Algrave, il existe un endroit étonnant, à l’environnement préservé et chargé d’histoire : Sagres et le cap Saint-Vincent. Situé à l’extrémité du Portugal, Sagres fait face à l’Afrique au sud et au Brésil au sud-ouest, rien d’étonnant donc à ce que ce lieu ait servi de base aux grandes expéditions portugaises des XVe et XVIe siècles, grâce à un personnage étonnant : Henri le Navigateur.

Le trésor des templiers

Troisième fils du roi du Portugal, sans espoir de monter sur le trône, l’infant Henri se passionne pour les voyages et la science. Très jeune, il intègre l’ordre du Christ, dont il deviendra le grand maître. Or, cet ordre est considéré comme l’héritier des Templiers, cette puissante organisation persécutée ailleurs en Europe et qui se serait réfugiée au Portugal. On a beaucoup glosé sur le trésor des Templiers, mais ce dernier était sans doute plus d’ordre spirituel et intellectuel que matériel. Il n’était pas fait d’or, mais de connaissances scientifiques et de soif d’exploration. L’ordre du Christ a laissé des merveilles architecturales, comme le monastère de Tomar et il a lancé les Portugais sur les grandes routes maritimes de la planète.

A 20 ans, en 1416, Henri est à l’origine de la prise de Ceuta qui permet aux Européens de prendre pied en Afrique du nord. Cet important carrefour commercial est alors en liaison avec le sud du Sahara et tout le Maghreb. Henri comprend très vite l’intérêt de commercer avec l’Afrique noire et ses richesses immenses, en contournant les routes habituelles tenues par les musulmans. A Sagres, il fonde une école de géographie et de navigation. Il en reste une étonnante rose des vents, à même le sol, d’une quarantaine de mètres de diamètre. Il crée aussi un observatoire et un arsenal en relation avec le port voisin de Lagos.

Grandes expéditions

Les Portugais partent vers le sud et l’ouest : Au début des années 1420, ils abordent dans l’archipel de Madère ; en 1427, ils colonisent les Açores ;  en 1444, ils sont au Sénégal. Henri fait développer un nouveau type de navire, la caravelle qui va permettre l’exploration du monde dans les décennies suivantes. Il est probable que dès la seconde moitié du XVe siècle, les Portugais connaissent les Antilles, bien avant Christophe Colomb. Une grande partie des archives du royaume lusitanien ont été détruites lors du grand tremblement de terre de Lisbonne, au XVIIIe siècle.

Henri Le Navigateur meurt en 1460, mais il laisse une œuvre immense et une soif de découvertes qui va se traduire, quelques décennies plus tard, par le passage du Cap de Bonne-Espérance par Vasco de Gama, puis le premier tour du monde par Magellan. Le Portugal devient alors une puissance maritime et conserve de cette période une grande nostalgie, dont la vieille forteresse de Sagres, surplombant des falaises battues par les vagues de l’Atlantique, demeure l’un des symboles avec la tour de Belém à Lisbonne.

La chapelle où aimait se recueillir Henri le Navigateur

Les pecheurs apprécient les remparts de Sagres qui donnent sur l'Atlantique, face aux falaises du Cap Saint Vincent

L'intérieur de la forteresse de Sagres

 

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