Ce 7 novembre 2017, nous voilà face au Palais d'hiver des tsars de Saint-Pétersbourg, aujourd'hui Musée de l'Ermitage, jour pour jour 100 ans après sa prise par les Bolchéviques de Lénine le 25 octobre 1917.

Octobre ou novembre ? A l'époque la grande Russie vivait toujours au rythme du calendrier julien tandis que l'ouest avait adopté le grégorien : 25 octobre russe égalait alors 7 novembre chez nous. Mais pour l'histoire et les autorités russes, depuis rangées au grégorien, on restera sur l'appellation de Révolution d'octobre. Ce jour-là, le ciel est gris et bas comme il y a un siècle et le croiseur Aurore ancré dans le port est devenu musée pour avoir tiré le coup de canon vers le Palais (à blanc car le bâtiment pourrait servir ensuite) qui donna le signal de l'assaut. Saint-Pétersbourg, devenue Petrograd quand les tsars se fâchèrent avec les Allemands (pour s'éloigner de la sonorité germanique), puis Leningrad pour honorer le leader qui mit le pied en Russie ici par l'historique gare de Finlande, est à coup sûr une des plus belles villes d'Europe comme l'a voulu son fondateur Pierre Le Grand pour assurer sa puissance sur la Mer Baltique. Palais, belles demeures, larges avenues, canaux et ponts, églises remarquables, ont été plutôt épargnées par le rouleau compresseur de décennies de communisme.

Et vivent aujourd'hui des nouvelles réhabilitations de qualité pour offrir un encore plus beau visage en prévision du déferlement de visiteurs lors de la Coupe du monde de football de l'été 2018. Balade donc ce 7 novembre au gré de quelques vues emblématiques de la perle de Russie.

La cathédrale Pierre-et-Paul, achevée en 1733 dans la forteresse de Saint-Petersbourg, est le lieu d'inhumation des tsars et leurs épouses impératrices depuis Pierre Le Grand, les Romanov. Les tombeaux de marbre ont une croix orthodoxe sur le dessus et un angle bicéphale à chaque coin quand il s'agit d'un tsar. La famille de Nicolas II, le dernier, repose tout près dans une pièce à part, la chapelle Sainte-Catherine.

Voulue par Catherine La Grande, la belle église de Tchesmé célèbre la victoire des Russes sur les Turcs en 1770. Le terrain à l'arrière deviendra cimetière national des victimes du siège par les Nazis de Léningrad, le nom alors de Saint-Petersbourg. 

L'exposition au Musée de l'Ermitage sur la Révolution d'octobre, une des rares organisées en Russie, célèbre Lénine. 

Au pied du grand escalier du Musée de l'Ermitage, l'ancien Palais d'hiver des tsars, qu'empruntèrent les révolutionnaires le 7 novembre

Le Musée de l'Ermitage avec sa façade de vert et or est l'incontournable de la ville. »1917 pour destituer le gouvernement, une fresque symbolise la libération du peuple.

Depuis la forteresse Pierre-et-Paul qui protège la ville, le panorama des palais de Saint-Petersbourg donne une idée de la puissance de la capitale de l'Empire. 

Sur le rempart de la forteresse Pierre-et-Paul, chaque jour à 12h tapantes, deux canons tirent, à blanc, en direction de la ville pour rappeler la révolution. »

Sur la Perspective Nevski, les « Champs Elysées » de Saint-Petersbourg, la cathédrale Notre-Dame-de-Kazan avec son dôme à 76 m de haut et ses 96 colonnes a été voulue par le tsar Paul 1er en 1801 pour copier Saint-Pierre de Rome. Après la victoire sur Napoléon en 1812, elle devint mémorial de la guerre contre les Français. C'est là qu'en 1893, plus de 8000 personnes assistèrent aux funérailles de Tchaïkovski. 

L'aile ouest du Palais Catherine se prolonge à angle droit par un vaste escalier pour permettre aux invités de marque d'accéder aux salons d'honneur à cheval ou calèche sans mettre pied à terre. 

Catherine 1ère à laquelle est dédié le palais apparaît en grande tenue d'impératrice dans un des salons fastueux. »

Elisabeth 1er ordonna en 1752 la construction d'un palais à Tsarskoïe Selo (aujourd'hui Pouchkine) à 25 km de Saint-Petersbourg en hommage à sa mère Catherine 1ère. Ce Palais Catherine sera agrandit et encore enrichit plus tard par Catherine II, dite La Grande. 

Le Palais Roumiantsev a été transformé en musée sur la vie quotidienne avec de nombreux objets historiques. Principale curiosité des visiteurs : la reconstitution d'appartements communautaires où des familles partageaient des pièces du temps de l'URSS. Une situation qui perdure à Saint-Petersbourg où on dénombrerait aujourd'hui encore 80 000 de ces kommounalkas. 

Pour s'échapper de la chaleur et des intrigues de la cour, Pierre Le Grand se fit construire un palais d'été en bordure de la Mer Baltique à Peterhof, à mi chemin entre Saint-Petersbourg et Kronstadt, le port militaire. Il voulait dépasser Versailles par le faste de ses jardins et jeux d'eau. Aujourd'hui comme autrefois, fin octobre, les statues sont démontées, les bassins vidés pour éviter la destruction par les grands froids. Et retrouvent leur immense beauté au printemps. 

Le Café Littéraire, au 18 de la Perspective Nevsky, était le rendez-vous des écrivains de Saint-Petersbourg. C'est aujourd'hui un restaurant aux charmes indéniables. Près d'une vitre, Pouchkine (pas le vrai, bien sûr) y est toujours assis, rêveur devant le dernier chocolat qu'il dégusta à cette place le 10 février 1837 juste avant d'être tué en duel, à 38 ans, par Georges d'Anthès, un Français qui courtisait sa femme. 

Troisième plus grande cathédrale d'Europe après Saint-Pierre de Rome et Saint-Paul de Londres, dont elle s'inspire, Saint-Isaac de Saint-Petersbourg est l'œuvre de l'architecture français Auguste Ricard de Montferrand qui y consacra sa vie. Les décors intérieurs du dôme et des murs sont d'une exceptionnelle beauté. »

La cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-sang versé fut édifiée à partir de 1883 sur le lieu même de l'assassinat du tsar Alexandre II. C'est un passage obligé de tout visiteur à Saint-Petersbourg. De style russe médiévale, elle rayonne par un intérieur d'icônes non pas peintes mais réalisées en mosaïque sur plus de 7500 m2, une performance à la fois artistique et technique. 

Deux colonnes rostrales de granit rouge culminent à 32 m de haut depuis 1802 à la pointe de l'île Vassilevski. Ornées d'éperons de bateaux pour célébrer les victoires navales de l'Empire, elles furent à l'origine des phares pour aider l'entrée dans le port de Saint-Petersbourg. Aujourd'hui s'y pressent vendeurs de souvenirs et chapkas auprès des nombreux touristes. 

La cathédrale navale Saint-Nicolas de Kronstadt, le port militaire de Saint-Petersbourg, fut ouverte en 1913 pour célébrer les 200 ans de la marine russe et honorer les marins morts pour leur pays. Son style néo-bysantin extérieur se prolonge au dedans, très lumineux, par un décor proche des grandes mosquées d'Istanbul, les icônes en plus. 

 

 

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