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Brève d’escale : un jeudi soir à Ispahan

Jean Lallouet
  • Paru le 27/05/2016

  • Rédigé par Jean Lallouet
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Le jeudi soir est aux Musulmans ce que le samedi soir est aux Chrétiens. La veille d’un jour chômé, un moment de détente et de fête.

Pour les Ispahanais, c’est l’occasion d’une promenade en famille dans quelques lieux féériques de cette ancienne capitale du royaume perse, dans un décor des milles et une nuits.

Ils sont ainsi des milliers à se retrouver au pied des arches du pont-barrage de Khaju, sur la rivière Zayandeh. Là, serrés sur les éperons, au bord des déversoirs qui laissent passer le courant, « ils écoutent le bruit de l’eau ». Pendant des heures, en silence.

Comme s’ils ne voulaient pas laisser une seconde précieuse comme une goutte d’eau dans un désert. Il est vrai que dans quelques jours, le barrage qui bloque la rivière quelques kiomètres en amont sera fermé pour permettre le remplissage de la réserve d’eau qui alimente la ville.

Le réchauffement climatique et la sécheresse sont venus rappeler à Ispahan qu’elle était un oasis fragile au cœur d’un désert menaçant.

D’autres familles iraniennes préfèrent se retrouver sur la place Naghsh-e Jahan, l’une des plus majestueuses du monde avec ses palais, sa grande mosquée, ses jardins verdoyants et ses fontaines généreuses.

C’est un endroit de rêve pour se livrer à une des passions des Iraniens : le pique-nique ! On choisit un petit coin d’herbe, on déroule les tapis, on allume le réchaud pour le thé… Et on se laisse fondre dans la nuit qui, petit à petit, donne toute sa grandeur à cette place scintillante comme un diamant, sous ses illuminations.

Demain, la ville, tranquille et silencieuse, s’offrira une grasse matinée.

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