« Bienvenue dans la capitale du futur nouveau membre de l’Union européenne ! » : ce slogan provocateur aperçu sur un mur de Barcelone n’est qu’un des révélateurs du bouillonnement qui caractérise la deuxième plus grande cité d’Espagne. Qu’il s’agisse d’art, d’architecture, de finance, de loisirs, de gastronomie ou de tourisme, la capitale catalane est devenue une référence mondiale et draine chaque année près de dix millions de visiteurs. Il faut dire qu’elle jouit d’un cadre exceptionnel, avec ses plages baignées par la Méditerranée et une ceinture de collines qui la surplombent et offrent des points de vue superbes. A l’instar de celle de Montjuïc, le poumon vert de la cité, qu’on peut atteindre en téléphérique. On y trouve plusieurs musées, dont la fondation Miro, le musée national d’art catalan mais aussi le musée olympique ou un vaste écomusée, le Poble Espanyol.

L’ombre de Gaudi

Au pied de la colline, la cité déroule son urbanisme impressionnant qui oppose les ruelles médiévales entrelacées autour de la cathédrale dans le célèbre Barri gotic aux longues avenues perpendiculaires et arborées du vaste quartier de l’Eixample. C’est ici qu’on observe les plus belles maisons réalisées par l’architecte Antoni Gaudi, le père de l’art nouveau catalan, dont la Casa Mila ou la casa Battlo, qui plus d’un siècle après leur construction, n’ont rien perdu de leur originalité et de leur pouvoir de fascination. La découverte des œuvres de Gaudi, disséminées un peu partout dans la ville est le but premiers de bien des visiteurs. Pour être sûr de ne rien manquer, les deux compagnies de bus à impériale dédiées au tourisme proposent plusieurs boucles permettant des arrêts sur les sites un peu éloignés du centre ville, comme le parc Guëll et ses constructions couvertes de mosaïques de style trencadis, en céramique brisée.

Mais c’est lorsque le bus débouche sur la place où s’élève la basilique de la Sagrada Familia, le chef-d’œuvre de Gaudi que l’émotion est la plus grande. En construction depuis 1882, ses tours sont au ciel de Barcelone ce que sont les gratte-ciels à Manhattan. Défiant l’imagination, à la fois inquiétante et exubérante, débordante de folie et de passion, cette basilique unique au monde devrait être achevée pour le centenaire de la mort de Gaudi en 2028.

Un renouveau exemplaire

Au-delà de ces sites mondialement connus – dont sept œuvres de Gaudi classées au patrimoine mondial –, Barcelone s’est payé le luxe de revisiter entièrement ses quartiers portuaires, comme celui de Bacelonetta, à deux pas du village olympique, où se succèdent désormais les restaurants, bars et boîtes branchées.

Initié dès l’arrivée de la démocratie après la mort de Franco, le renouveau de la ville s’est accéléré au moment des J.O de 1992. Renouant avec son front de mer et misant à fond sur le tourisme, la ville est devenue à l’instar d’Amsterdam, de Prague et aujourd’hui de Lisbonne ou de Berlin, une de ces « petites capitales » prisées des touristes du monde entier. A tel point qu’elle est désormais victime de son succès : encombrement des sites, renchérissement de l’immobilier, désertion des habitants des quartiers populaires. Pour certains, si l’on ne fait rien, Barcelone connaitra d’ici deux ou trois décennies le destin de Venise, reposant uniquement sur le tourisme. La municipalité arrivée au pouvoir en 2015 sous une étiquette anti-austérité a d’ailleurs pris des mesures pour encadrer le tourisme dans la cité, notamment en s’attaquant aux locations privées et en limitant les licences hôtelières dans l’hyper-centre.

Une identité florissante

Autre signe de changement, la place de la langue et de la culture catalane est plus forte que jamais dans la vie de tous les jours. La Sardane a fait depuis longtemps oublier le flamenco et les drapeaux catalans pendus aux balcons se comptent par milliers. Depuis dix ans, tous les commerces ont obligation d’utiliser au minimum le catalan dans leurs signalétiques et document et les manifestations monstres en faveur de l’auto-détermination du pays sont devenues routinières.

Symbole de cette ferveur et du rayonnement international de la Catalogne, le musée du Camp Nou, le stade du célébre FC Barcelona est le plus visité du pays. Il accueille 1,5 millions de visiteurs par an et défend l’idée,  à l’aide d’un espace de 3500m2, de multiples installations multimédias et l’accès aux tribunes du plus grand stade d’Europe, que le FC Barcelona est « Més que un club », plus qu’un club.

L’exposition fait en effet la part belle à l’importance du club dans l’histoire et la société catalane et présente comme la vitrine d’une identité à la fois ouverte et enracinée. Une visite passionnante et qui va bien au-delà du football, même si la découverte des gradins, de la pelouse, du tunnel d’accès, des vestiaires visiteurs ou encore des bancs réservés aux commentateurs télé et radio, raviront les fans.  Plus étonnant, dans le tunnel d’accès au terrain, une chapelle consacrée à Sainte-Marie de Montserrat, patronne de la Catalogne…

Même si le succès touristique de Barcelone inquiète à juste titre une partie de ses habitants, ils restent particulièrement simples et accueillants en particulier si l’on prend la peine d’apprendre un ou deux mots en catalan et si l’on profite de son climat exceptionnellement doux pour la visiter en dehors de la période estivale.

Adéu, bon viatje !*

*Au revoir et bon voyage en langue catalane

Il suffit de quelques dizaines de minutes pour rejoindre les stations balnéaires de la côte catalane, comme la charmante Tossa de Mar.

"Il suffit de quelques dizaines de minutes pour rejoindre les stations balnéaires de la côte catalane, comme la charmante Tossa de Mar."

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