N'en déplaise à Hervé Vilard, nous reviendrons un jour à Capri. Certes l'île au large de Naples souffre d'une fréquentation exacerbée, asiatique entre autres, mais n'en a rien perdu de sa magie. Juste un rien de feeling suffit à s'extirper de la masse pour prendre à contre courant le flux et rencontrer un paradis.

« Tu les trouves jolies mes fesses ? » La question de Brigitte Bardot à Michel Piccoli dans le film « Le mépris » de Jean-Luc Godard en 1963 s'inscrit dans l'histoire de Capri. La Villa Malaparte, lieu du tournage, reconnaissable à sa couleur rouge en équilibre sur une pointe de l'île se découvre au terme de trois quarts d'heure de marche depuis la Piazetta. Un incontournable visible de loin pour les cinéphiles et une déception pour monsieur tout le monde. Capri a tant d'autres charmes (même si les fesses de Brigitte Bardot vues par Godard restent au patrimoine de l'Humanité !) D'ailleurs, la Piazetta, de son vrai nom Plaza Umberto I, que l'on rejoint au terme de l'ascension par le funiculaire Marina Grande, ne mérite l'arrêt que pour qui veut payer près de 10€ un mauvais café pour se montrer à la horde de passants. Ah oui, nous allions oublier dans ce chapitre du petit bras, la visite de la Grotta Azzura, la grotte bleue, où vous envoie une flottille de bateaux pour un transfert en chaloupe et se coucher dans l'embarcation pour admirer un vrai spectacle de bleu sous la colline de quelques brèves minutes en se faisant traiter en paquets de viande à essorer financièrement. On a le droit d'être pris pour un idiot. Voilà ce qu'il fallait dire de triste à Capri car tout le reste n'est qu'enchantement.

De Capri à Anacapri

Prendre de la Piazetta le chemin piétonnier à droite, ouvre un autre univers. Au gré du cheminement tout de vert, des boutiques, des hôtels, des restaurants, tous en élégance,  qui amènent jusqu'au Jardin d'Auguste, une esplanade sur la baie d'où débute la Via Krupp, descente en lacets voulue par l'industriel allemand pour éviter à ses amies de salir leurs robes longues en descendant vers la mer. Sur la gauche, les Faraglioni, rochers pointus détachés de la côte, emblèmes de Capri, que des bateaux traversent. On sait alors que l'on a bien fait de venir ici pour un moment rare.

Et pour un plaisir renouvelé, il faut prendre le mini bus qui amène par une route en épingle à cheveux à Anacapri, l'autre commune de l'île.

L'église San Michele laisse ébahi : on y circule en rond sur des planches de bois pour préserver le sol de faïence magnifié d'une fresque à embrasser dans sa totalité depuis l'étage en colimaçon. De l'autre côté du bourg, les escaliers phéniciens taillés dans la montagne qui permettent aux plus sportifs de redescendre (non, merci ! Pour qui tient à ses genoux) offrent à leur démarrage la plus belle vue sur le port de Capri et la baie de Naples. Les propositions gourmandes ne manquent pas et on n'en fera pas un caprice, Capri oblige. N'est-ce pas Hervé ?

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