Pour un premier voyage en Inde, nul n'échappe à une petite appréhension culinaire ou gastrique selon son propre taux d'anxiété abdominal.

L'épice indou serait un dur, dit-on. Vérification faite sur place, l'affaire n'est pas si claire. Le touriste occidental intrépide, voire téméraire, peut se laisser séduire par les étals de street-food qui égaillent à profusion petites et grandes rues : là, impossible de connaître l'exact composition du mets, ses conditions de préparation, et seul le palais sera juge ultime d'un subit embrassement buccal ou pas.

Pour les intestins, ce sera plus tard. Le sage se replie donc stratégiquement vers les restaurants plus classiques des hôtels. Mais sans guère plus d'informations, hormis l'hygiène irréprochable... même traduit en anglais pour quelques uns, les noms des plats sur les affichettes n'en disent pas plus sur le légume ou la bête qui a été sacrifié pour notre appétit aiguisé. Quant à savoir le degré d'« épicement »... Reste l'ultime recours : le guide, grâce à Vishnu, francophone. Alors c'est épicé ou pas ? La réponse plonge dans des abîmes de doute : « la cuisine indienne comprend toujours des épices, donc elle n'est pas épicé comme vous l'entendez en France. Il y a juste des plats normaux (donc épicés mais pas épicés pour les palais indous) et des plats relevés... dans ce dernier cas, méfiez-vous, les Indous les trouvent épicés et je crains que pour vous cela soit un rien fort ! » Mon voisin a alors demandé : « vous avez du riz blanc, à l'eau ? »

 

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