Anglais depuis trois cent ans, le rocher de Gibraltar fait face à l’Afrique à l’entrée du détroit qui porte son nom. Cette curiosité géopolitique est devenue une destination touristique courue, mais demeure un sujet de tensions entre Londres et Madrid alors que le brexit se profile.

Les anciens y voyaient l’une des colonnes d’Hercule, le demi-dieu qui avait porté le monde quelques instants à la place d’Atlas. Quelques siècles plus tard, les musulmans franchissaient le détroit pour envahir la péninsule ibérique. L’un de leur chef, le Berbère Tarik ibn Ziyad, a donné son nom à cette hauteur qu’on nomme aujourd’hui Gibraltar et qui fait face au Djebel Mousa, dans l’actuel Maroc.

 

Farouchement britannique

Conquis par les Castillans à la fin du Moyen Âge, Gibraltar est pris par une flotte anglo-hollandaise en 1704. La possession de ce petit territoire de 6,8 km2 est alors reconnue, avec le traité d’Utrecht en 1713, à la couronne britannique, mais pas sa souveraineté. Deux concepts différents qui sont toujours au cœur d’une querelle entre l’Espagne et la Grande-Bretagne. En 1779, l’enclave subit ainsi un siège de trois ans. Mais les Britanniques défendent avec acharnement ce territoire qui abrite toujours une importante base militaire.

Dans les années 1960, le dictateur Franco saisit l’Onu. En réaction, un référendum des habitants du « Rocher » indique que 99 % des habitants souhaitent rester sous l’égide de Londres en 1967. Le lendemain, le caudillo ferme la frontière. Elle le restera jusqu’en 1985. L’entrée des deux pays dans l’Union européenne calme, un peu, les choses. Mais la perspective du Brexit vient de totalement rabattre les cartes. Madrid réclame désormais une souveraineté partagée pendant quelques années, avant de proposer que Gibraltar ne devienne une communauté autonome espagnole. Ce que refusent les autorités britanniques et locales qui ont beau jeu de rappeler que les Espagnols n’ont aucune intention de rétrocéder au Maroc les enclaves de Ceuta et Mélina de l’autre côté du détroit.

 

Paradis fiscal

Les autorités espagnoles menacent donc de fermer à nouveau la seule frontière de 1,2 km avec celle entre les deux Irlande que le Royaume-Uni partagera avec l’Union européenne. Une mesure qui pourrait impacter légèrement l’économie de ce territoire qui dispose d’un statut fiscal très particulier. Les commerces n’y sont ainsi pas assujettis à la TVA et Gibraltar accueille de nombreux sièges sociaux, particulièrement ceux des bookmakers sportifs… Très densément peuplé avec 30 000 habitants, le territoire abriterait presque autant de sièges sociaux d’entreprises…

Mais ce ne sont pas les seuls attraits de cette enclave à l’accent anglais, où l’on peut déguster un fish and chips et une bonne bière ale (on recommandera particulièrement le Star, l’un des plus vieux pubs de la ville) ou flâner dans les ruelles au charme so british. On peut aussi monter jusqu’au sommet du rocher qui culmine à 426 mètres d’altitude. La vue sur le détroit, l’Europe et l’Afrique est superbe. Attention cependant aux macaques de Barbarie, l’une des attractions du territoire. Les membres de la seule colonie de singes sauvages en Europe peuvent se révéler fort facétieux….

 

Autonome, l'enclave a sa propre adinistration, son drapeau et même son équipe de football officielle

Dans le détroitde Gibraltar, entre Europe et Afrique

Le rocher de Gibraltar

Végétation tropicale et cabines britanniques

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