Il sentait bon le sable chaud, notre légionnaire. Son nom ne finissait pas en « us » car  c'était un centurion, un vrai. Sûrement un survivant de l'éruption du Vésuve puisque nous étions de facto à Pompéi. Un statut qui lui valait un total respect local : les bus le laissaient passer par derrière, les automobilistes s'arrêtaient pour ne pas l'écraser, des touristes le prenaient en photo... Quand il apprit que nous venions du pays du général de Gaulle et que nous avions franchi le Rubicon pour arriver jusqu'à lui, les dés en furent jetés et même si son français restait sommaire, le dialogue s'engagea. De papotage en papotage, il nous évoqua son projet de jouer bientôt dans un film pour obtenir un César, une idée fixe, et c'est là que nous avons commis The erreur.

Bref, nous avons perdu notre latin en annonçant fièrement que nous habitions près de chez Astérix et Obélix, les deux gaulois bêtes noires des légionnaires. « Come si dice due in francese ? » (comment dit-on deux en français?) lança-t-il alors. « Deux ».

« D'oeufs ? »

« Non, deux. »

« Alors c'est due euros pour m'avoir pris en photo. » Oh le mauvais perdant ! Les grandes baffes d'Obélix ne sont pas prêtes d'être oubliées dirait-on, avons-nous persiflé. Alors grands seigneurs, quasiment impériaux, nous lui avons glissé trois euros. Vae victis, non mais, comme disait l'autre...

 

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