À Tahiti, comme sur nombre d'îles de Polynésie française, on mange à la roulotte. En français : food-truck. Les Polynésiens n'aiment pas faire la cuisine, nous a-t-on expliqué, et ça coûterait moins cher de passer prendre un plat à une roulotte ou le déguster sur place que d'acheter les ingrédients pour se préparer son menu. Des places entières sont réservées entre 17h et 21h à ces stands de nourriture au barbecue et au gré des routes, on en trouve toujours une sur le jardin d'une maison particulière. On s'y essaye donc. Après un régime poisson de plusieurs jours, on se décide pour un steak-frites à 12€. Et là, c'est la surprise : une grande assiette supportant une demi tonne de frites (ou presque) est surmontée de quatre steaks, plus grands chacun qu'une main ! La serveuse devinant notre désarroi propose un plat pour étaler notre orgie. La viande est succulente, cuite parfaitement avec sauces, et les frites du même tonneau, à en faire rougir un Belge. Au bout de trois steaks, on commence à caler. « Vous voulez un sac pour amener le reste à votre hôtel », glisse malicieusement la patronne. Et un voisin de table qui commente : « un Polynésien ne mange pas avec des promesses, il faut lui en donner ! ». Leçon (mal) retenue : le lendemain, on y retourne pour, par prudence, s'offrir un simple poulet-frites. Le poulet est quasi entier dans l'assiette avec une autre quasi tonne de patates.

Le voisin d'hier est encore là : « n'ayez pas peur de grossir car après ça, vous aurez plus de peau pour les tatouages traditionnels. » Vu comme ça... d'accord.

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