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La Route des Trolls

Mesdames et Messieurs,

Bonjour et bienvenue à bord de votre autocar Royal Class pour ce Grand Tour de la Scandinavie que nous allons effectuer ensemble. Ce circuit exceptionnel, d’environ 5000 km, va nous permettre de découvrir quelques sites majeurs de Norvège dont les paysages spectaculaires des îles Lofoten, mais aussi la pointe la plus septentrionale du continent européen : le Cap Nord ; une falaise haute de 300 mètres dominant l’Océan Arctique et située à 71°, 10', 21'' de latitude Nord. Ce grand périple vous permettra également de visiter 3 capitales scandinaves : Oslo que nous allons bientôt apercevoir, Helsinki et Stockholm.

La voix de Luc, notre guide, est d’emblée sûre, calme et rassurante. Elle peut l’être. Ce breton, émigré en Andalousie, effectue depuis 1997, pour le compte de la Société Salaün Holidays, son 21e tour de Scandinavie : une fidélité et une performance qui mériteraient de figurer au livre des records. Encore faudrait-il que ce soit son dernier voyage dans le Grand Nord européen. Mais sincèrement, je ne le pense pas.

Au volant, encore un breton, répondant au prénom scandinave d’Eric, notre chauffeur affiche lui aussi un beau palmarès : 4 ans chez Salaün, quelques milliers de kilomètres au compteur et déjà 9 circuits Cap Nord à son actif mais… toujours célibataire. Calme et courtois, disponible et souriant, cravaté mais pas guindé, Éric est à l’image de sa conduite. Il promène son car de 14 mètres et de 4 mètres de haut comme moi je conduis ma Twingo sur une route nationale.

Éric, ce matin, se faufile, telle une anguille, dans les rues encombrées d’Oslo : une conduite souple et sans à coup que l’on apprécie immédiatement.

Après les visites du musée Viking et du parc Vigeland, nous voici à présent sur la E6 : c’est cette route que nous allons suivre sur plus de 2 000 km pour remonter vers le nord; Lillehammer et ses installations olympiques, Ringebu et sa ravissante église en bois debout.

Jean-Pierre et Roselyne effectuent leur 1er long voyage en autocar. « L’image du car, pour nous, était associée au transport scolaire et régional. Jamais nous n’aurions imaginé faire un voyage de 5 000 km en car. Quand nous avons découvert et visité le car Royal Class au salon du tourisme à Nantes, nous avons immédiatement changé d’avis. Près d’un mètre de distance entre 2 rangées de sièges, c’est un confort appréciable et même indispensable pour mes jambes » me confie Jean Pierre du haut de son 1,85 m.

Bienvenue dans la toundra norvégienne

Mo i rana et son fjord, Trondheim et sa cathédrale Nidaros. Les kilomètres sur la E6 défilent paisiblement. La route, aujourd’hui, s’élève et nous conduit sur un plateau désertique recouvert de mousses et de lichens. Bienvenue dans la toundra norvégienne. Plusieurs lacs sont encore gelés et la neige bien présente sur les collines environnantes. Dans quelques kilomètres, nous allons atteindre la mythique ligne du cercle polaire arctique. Ce moment était attendu avec grande impatience par tout le monde. Température extérieure à 10 heures : 15 degrés. Pas un seul nuage. Pas un seul arbre. Pas le moindre souffle de vent. Beaucoup de neige et peu de monde. La vie est belle à 66° 33" de latitude nord. Champagne ! La société SALAUN fait bien les choses : chaque client, se voit en effet, offrir une flûte de champagne : Royal Class oblige ! Il ne fallait pas le dire car c’était une surprise. Tant pis. Bravo en tout cas. On se rappellera du passage au cercle polaire !

C’est donc avec des souvenirs, des images et des bulles plein la tête que nous remontons à bord du car.

L’archipel des îles Lofoten

Beaucoup de lieux, grâce à l’image ou à l’écriture exercent au plus profond de moi-même un réel pouvoir de fascination. Certains resteront toujours mystérieux et inaccessibles. D’autres se feront désirer longtemps avant de se laisser approcher. C’est le cas, aujourd’hui, avec les îles Lofoten. Notre Royal Class vient, pour un temps, d’abandonner la E6 que nous suivions depuis Oslo et fraie son passage sur une petite route sinueuse. Direction : Skutvik, « Mesdames et messieurs dans quelques instants, vous allez pouvoir découvrir l’archipel des Lofoten » prévient Luc comme pour sacraliser ce moment privilégié. Qu’elles sont longues et excitantes ces dernières minutes. Je mesure, pourtant, la chance d’être ici confortablement installé dans un Royal Class attendant un panorama que je devine merveilleux.

« Mesdames et messieurs, devant vous : l’archipel des Lofoten » annonce Luc. Un miracle de la nature s’ouvre et s’offre à nos yeux. Le car s’arrête, 100 mètres plus loin. Tout le monde descend pour immortaliser cet instant jubilatoire.

Svolvaer est notre port d’ancrage pour partir à la découverte de ce chapelet d’îles. En car, pour commencer puis à bord du célèbre Express Côtier. Les pics enneigés et les crêtes déchiquetées semblent rivaliser d’imagination pour couronner ces montagnes jaillies des eaux turquoise du fjord Vesteralen. Les maisons des pêcheurs joliment peintes en rouge ou en blanc et délicatement posées sur un écrin de verdure apportent les quelques couleurs nécessaires pour faire vibrer la matière.

Ce décor somptueux et irréel éclairé par la grâce du soleil illumine mon regard ! L’émotion esthétique que je ressens engendre en moi un sentiment de plénitude intérieure. Sublimes Lofoten.

Bernard et Michèle sont des inconditionnels de l’autocar et notamment du Royal Class : une formule qu’ils ont découverte, pour la 1ère fois, l’année dernière à l’occasion d’un voyage jusqu’en Andalousie. “Le Royal Class est pour nous, qui filmons et photographions beaucoup, la solution idéale pour ramener des images. Confortablement installés sur les sièges d’en haut ou d’en bas, nous pouvons varier nos prises de vue. Mais le plus, c’est incontestablement la 1ère rangée de sièges située à l’étage. Comme les places ne sont pas attribuées, tout le monde, à tour de rôle, peut en profiter. Un spectacle à plus de 180°, idéal pour balayer le paysage. Et en plus, on a la chance d’avoir Éric, un chauffeur qui veille toujours à la propreté du car, y compris des vitres. Chapeau.”

Notre VAN HOOL, d’avril 2005 et totalisant déjà 150 000 km, tel un monstre métallique que rien ne semble effrayer, vient de s’engouffrer dans un tunnel. Un boyau de 6,8 kilomètres de long s’enfonçant à 210 mètres sous le niveau de la mer. Cette plongée sous l’océan Arctique nous conduit jusqu’à l’île du Cap Nord où nous nous installons à l’hôtel Rica à Honningsvag. A 21h30, après avoir dîné, nous partons en excursion jusqu’au Cap Nord avec notre Royal Class.

Éric, afin de ne pas dépasser son amplitude journalière maximale autorisée (14h00) est remplacé, comme prévu, par un chauffeur norvégien dénommé Erland.

Rapidement, notre car parvient sur un plateau. Quelques résidus de neige recouvrent encore la toundra. Le plafond nuageux est bas. Les essuie-glaces balaient le pare-brise.

«Mesdames et Messieurs, dans 2 kilomètres nous atteindrons le Cap Nord. La température extérieure est de 3°»

Luc, fidèle à son habitude, aime scénariser les temps forts de ce voyage, sûrement pour nous aider à mieux les apprécier et les mémoriser. Le Royal Class vient de s’immobiliser.

Bienvenue au Cap Nord

« Mesdames, messieurs, bienvenue au Cap Nord » annonce Luc au micro. Dehors, c’est la tempête. Tout le monde se réfugie, un court instant, dans la grande halle Nordkapphalen, avant de poursuivre à pied les 80 mètres qui nous séparent encore de notre but ultime. De violentes rafales de vent viennent cingler mon visage comme pour m’avertir de mon arrivée sur un site sacré. J’aime goûter à ces instants rares, précieux et intenses. J’aime sentir les forces de la nature. Me voici au pied du globe terrestre qui matérialise la latitude 71°,10', 21'. Pas une minute de plus au risque de faire une chute de 309 mètres dans l’océan Arctique. Les nuages, sous mes yeux, effectuent une course effrénée et endiablée. À défaut de contempler le soleil de minuit, j’observe dans le ciel ténébreux, l’apparition soudaine d’une luminosité furtive. Les portes de l’Asgard se seraient-elles ouvertes un court instant pour que je ne puisse plus oublier ces lieux ? Le Cap Nord est atteint mais le voyage continue.

Le survol du lac Inari

Après une courte nuit, direction, à présent, la Finlande avec ses forêts et ses milliers de lacs. Parmi tous ces lacs, celui d’Inari au bord duquel nous faisons étape cet après-midi. Au programme : un vol en hydravion de 15 minutes. Nous sommes 5 passagers plus le pilote dans chaque appareil. J’ai l’étrange sensation d’être dans un petit avion du début du XXème siècle, assis à côté de Louis Blériot. Le survol du lac Inari constellé de plusieurs dizaines d’îles est un véritable enchantement. Retour sur le plancher des rennes et direction Helsinki.

Nous prenons soin auparavant de nous arrêter au niveau du cercle polaire arctique en Finlande ; une occasion et un prétexte aussi pour aller saluer l’indémodable Père Noël, au célèbre village de Rovaniemi.

Robert et Fernande sont les doyens du groupe : «à notre âge, vous savez, nous aimons bien faire une petite sieste après le déjeuner. Ici, dans le Royal Class, c’est encore mieux que chez nous. Nous pouvons incliner nos sièges et bénéficions d’un repose-pieds et surtout d’un repose-jambes. Je pense que nous n’avons pas encore fini de voyager» me chuchote Fernande à l’oreille.

Le Silja Symphony, un gigantesque ferry

Nous embarquons en fin d’après-midi, après avoir découvert tous les charmes d’Helsinki, la capitale finlandaise, à bord du Silja Symphony : un gigantesque ferry.

Les chiffres à eux seuls suffisent à donner le vertige : 203 mètres de long et 31,5 mètres de large. Le navire peut accueillir 450 voitures ou 60 cars et pas moins de 2 862 passagers. Tout le monde, ce soir, semble apprécier le buffet pantagruélique et… le vin blanc et rouge à volonté. Au menu de ce soir également : un spectacle de trapézistes volants, des chants et des danses d’opéra et plus tard en soirée un concert. Extraordinaire. Après une nuit bien appréciée dans notre cabine confortable, nous arrivons, le lendemain, à Stockholm à 9h30 où nous sommes accueillis par Anet, notre guide locale. Éric, conformément à la nouvelle réglementation sociale européenne dans les transports routiers de voyageurs, cède sa place à un nouveau chauffeur, Alain.

La visite de la capitale suédoise peut commencer. Au programme, le splendide musée Vasa et son bateau de 1628, l’étonnant musée Skansen et une pléiade de monuments attestant tous de l’ancienne puissance politique et militaire du royaume de Suède ; le tout sous un ciel ensoleillé. Stockholm, Mariefred et son merveilleux château, Karlstad.

Nous voici, à nouveau, après 14 jours de voyage, à Oslo, dans la capitale norvégienne. Notre long et beau périple s’achève. Les paysages spectaculaires du Grand Nord m’ont ébloui et les capitales scandinaves m’ont séduit.

Demain, je rentre en France d’Oslo par avion et le Royal Class repart pour le Cap Nord avec un nouveau groupe. J’aurais préféré l’inverse. C’était la 1ère fois que je voyageais à bord d’un Royal Class. Ce n’est sûrement pas la dernière.

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