On n'a pas eu de bol ! Au Musée de l'Apartheid de Johannesbourg, largement consacré, à juste titre, à Nelson Mandela, le ticket validant l'entrée sert aussi de loterie pour la porte à emprunter. White d'un côté, Non White de l'autre, histoire de faire ressentir un rien de la discrimination qui sévit dans le pays de 1948 à 1991. La machine nous a donc sorti un billet aléatoire marqué « non white ». Pour nous qui n'avions l'habitude d'être noirs que juste au sortir de quelques amicales fêtes arrosées et hexagonales, la discrimination locale allait être un enfer. D'abord un portail de lames à franchir, puis une salle de pendus à arpenter de biais pour passer entre les obstacles. Des images violentes et quelques récriminations sur notre présence et un escalier abrupt à emprunter pour rejoindre le niveau supérieur du musée. Là, nous attendent nos amis qui ont tiré le ticket « white » au guichet. Pour eux, le parcours fut une promenade en pente douce entre fleurs et évocations câlines du pays. Nous voici enfin réunis au même niveau. La Mandelamania peut débuter et l'on s'y plie avec un réel plaisir. Des photos de l'activisme violent à la détention sur Robben Island à la Mercedes rouge, fabriquée pièce à pièce volées des chaînes du constructeur par les ouvriers pour le jour où Madiba, surnom de sa communauté pour Mandela, retrouverait la liberté, le parcours s'achève par un passage entre deux tas de pierres. Dans celui de droite, le visiteur en prend une et la dépose aussitôt dans celui de gauche.

Histoire de participer à la construction de l'état Arc en ciel voulu par Mandela. Nous l'avons fait avec l'impression d'un instant de participer à la création d'une nation enfin réconciliée...

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