L’idée d’un week-end break à Tokyo peut paraître saugrenue. La capitale nipponne reçoit pourtant beaucoup de visiteurs en court séjour, qu’ils s’y rendent pour affaires, y fassent une étape dans un tour du Japon, où profitent d’un séjour en Chine, en Corée, ou en Russie orientale pour se plonger dans l’atmosphère étonnante de la plus grande métropole au monde.

En quelques jours, si l’on n’a pas le temps de faire le tour de la capitale, on a largement de quoi faire de belles plongées au cœur de quelques quartiers emblématiques, découvrir de superbes parcs et les vestiges ou reconstructions d’un patrimoine qui faisait autrefois l’orgueil de l’ancienne Edo mais qui fut soufflé par les tremblements de terre et les bombardements de la seconde guerre mondiale. On vient aussi à Tokyo pour se régaler car les habitants de la capitale adorent boire et manger à l’extérieur, d’autant qu’à domicile, ils manquent de place pour recevoir.

Sur la terre comme au ciel

Commencer la visite par une promenade dans le parc Yoyogi et ses cent mille arbres permet de découvrir le plus prisé des sanctuaires shintoïstes de la ville, où sont célébrés de nombreux mariages. Ce vaste parc qui dégage une sérénité toute nipponne est situé entre les quartiers animés de Shibuya et Shinjuku. Le premier est connu à travers son carrefour et ses mythiques passages cloutés en diagonales. Si les jeunes l’apprécient, c’est tout autant pour ses boutiques de vêtements que pour les Love Hotels qui se comptent par dizaine dans les rues escarpées qui bordent les collines. C’est ici que les jeunes amoureux se donnent rendez-vous pour des moments d’intimités difficiles à cueillir en ville ou au domicile familial. Les rues de Shibuya sont aussi bordées de nombreux bars et restaurants en tout genre, de l’Izakaya ou taverne japonaise, où l’on dîne au saké, assis au sol, aux bars branchés à bières, cocktails, yakitoris, de délicieuses grillades et autres sushis.

C’est à deux pas de Shibuya que se dresse l’impressionnant siège du gouvernement de Tokyo qui domine l’ouest de la ville. Le dernier étage, accessible gratuitement, permet de faire un premier repérage dans la forêt de tours qui poussent alentour. On y voit notamment l’hôtel Park Hyatt voisin où a été tourné le film Lost in translation qui a mis Tokyo sur la carte du cinéma contemporain.

Le soir venu, beaucoup mettent le cap vers Shinjuku, le quartier le plus animé de la ville en soirée. On y compte des restaurants et bars par centaines et même un quartier « rouge », Kabuchiko, ses bars à karaoké et strip-teaseuses, mais aussi de gargotes et jolis petites tavernes japonaises. A des milliers d’années-lumière des tours avoisinantes, ses ruelles nous révèlent le Tokyo « d’en bas », plus près du sol et du peuple, plus extravagant aussi, tout en restant bien plus sûr que ses équivalents occidentaux.

Le deuxième jour sera consacré à la visite du centre et de l’est de Tokyo. Au matin, une promenade au très beau marché de Tsukiji permet de découvrir l’incroyable art de la découpe et de la présentation des aliments qui sont la marque du japon. Le riche et élégant quartier voisin de Ginza est le cœur de la métropole. Il abrite notamment le célèbre théâtre Kabuki-za, une forme de théâtre traditionnel connue dans le monde entier. D’ici on peut découvrir les jardins qui bordent le palais impérial et les maigres restes du château d’Edo.

Une sous-culture déroutante

Pour une pause shopping, un peu plus au nord le métro mène à Akihabara, surnommé Electric town pour ses immenses magasins d’appareils photos, vidéo et électroménagers. C’est aussi la Mecque des mangas, hentai et autres films d’animation, BD ou jouets qui forment une sous-culture déroutante pour le plus le visiteur occidental. Tout comme les « Maid café » devant lesquelles des soubrettes vous proposent de vous tenir compagnie pour prendre un verre, des photos ou grignoter !

Autre incontournable d’un court séjour, le quartier d’Asakusa où se trouve le grand temple Sensoji. C’est aux environs de ce dernier et dans les ruelles avoisinantes, bordées d’édifices bas, que l’on plonge dans l’ambiance populaire de la ville et que l’on entrevoit ce qu’elle était avant ses destructions. Les uns se promènent en kimono loués pour la journée, les autres dégustent les fameuses nouilles au blé noir ou s’attablent à l’une des innombrables tavernes traditionnelles du quartier.

Si la visite de ces quartiers emblématiques sert de fil conducteur, il ne faut pas craindre de se laisser porter au hasard dans cette capitale qui fait tout pour faciliter le séjour des visiteurs étrangers à l’approche des Jeux Olympiques de 2020. Tous les plans de métros et une grande partie de la signalétique est désormais bilingue japonais-anglais.

Découvert lors d’un court séjour, Tokyo ressemble à un archipel de vastes quartiers dont l’atmosphère distincte émerge malgré une certaine uniformité. Ici, l’exotisme et la surprise sont aussi dans le détail. Du civisme des piétons à l’organisation minutieuse des réseaux de transports, en passant par la politesse des Japonais, la mode vestimentaire et une forme de modernité extrême nourrie d’emprunts occidentaux mais aussi de particularismes insulaires, les petits riens du quotidien tokyoïte, tout à la fois énigmatiques et fascinants à contempler comptent parmi les plus belles surprises du séjour.

Le parc Yoyogi, véritable havre de paix

Vu d'en haut du siège du gouvernement métropolitain de Tokyo

Le grand temple Sensoji, situé dans le quartier d'Asakusa

Les plans de métros bilingues japonais-anglais

 

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