L’extrême sud de la Cornouailles britannique a des allures de riviera baignée par le Gulf stream et de Bretagne avec ses falaises et ses landes. Saint Ives, un village de pêcheurs, devenu station balnéaire, a attiré de nombreux artistes depuis plus d’un siècle.

A la jonction de l’Atlantique et de la mer d’Irlande, Saint Ives aurait été fondé par une sainte, Ia, venue de l’Île Verte au début du Moyen Âge. Pendant des siècles, sa principale richesse a été assurée par la mer, grâce particulièrement aux sardines qui étaient rabattues vers la grande plage de Porth Meor. Comme dans beaucoup de ports corniques, les marins s’adonnaient aussi à la contrebande, notamment avec la Bretagne. Cette dernière est toujours proche, Saint Ives est jumelée avec Camaret et le comté de Cornouailles est facilement accessible, en quelques heures de ferry, depuis Roscoff.

La promenade au phare de Virginia Woolf

Le port change avec l’arrivée du train en 1877. Saint Ives devient une destination balnéaire et touristique prisée à l’époque victorienne puis au début du XXe siècle. C’est ainsi que la jeune Viriginia Woolf y séjourne en famille, avant de revenir en villégiature. Elle est un écrivain génial, mais en proie à des troubles mentaux, féministe et membre du groupe d’avant-garde Bloomsbury. Les paysages de Cornouailles vont irriguer son œuvre. C’est particulièrement le cas de son roman le plus connu, La Promenade au phare. Ce récit proustien évoque la complexité des expériences. Saint Ives, et particulièrement le phare voisin de Godrevy, ont en grande partie inspirée l’écrivain moderniste. Godrevy attire aujourd’hui les surfeurs et les randonneurs, charmés par ses grandes plages et son littoral.

Potiers et sculpteurs d’avant-garde

A partir de 1928, Saint Ives devient une véritable colonie artistique, à l’instar de Pont-Aven, avec l’installation de nombreux créateurs. On y voit notamment le céramiste Bernard Leach, influencé par l’Orient et le Japon. Il y construit un four et lance une tradition de poteries d’art qui se poursuit avec le groupe Troika, dans les années 1960. Ce groupe se distingue par ses créations géométriques et ses motifs d’influence celtique.

Le succès de la colonie artistique est assuré par la notoriété de nombre de ses créateurs : Alfred Wallis, Christopher Wood et Ben Nicholson. Le premier fut longtemps pêcheur, avant de se lancer dans la peinture après la mort de sa femme. Il est l’une des figures de l’art naïf britannique, au contraire des deux autres, plus modernistes. Cette concentration d’artistes explique la création d’une extension de la Tate Gallery de Londres. La Tate Saint Ives expose parmi les œuvres les plus marquantes des artistes qui ont fréquenté l’endroit, mais propose aussi de grandes expositions thématiques.

La Tate Saint Ives gère aussi l’atelier, parc de sculpture et musée de Barbara Hepworth, situé dans la vieille ville, à quelques encablures du port. Cette artiste de renommée internationale s’est installé à Saint Ives en 1939 jusqu’à son décès en 1975. Elle notamment célèbre pour avoir créer la sculpture en hommage à Dag Hammarskjöld devant le siège de l’Onu à New York.

Le phare de Godrevy qui a inspiré Virginia Woolf

Le port de Saint Ives

L'atelier-muséee de Barbara Hepworth, un havre de paix

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