Le Taj Mahal est l'absolu incontournable de tout voyage en Inde. Encore faut-il avoir un peu de chance : tôt le matin et sous le soleil, c'est mieux ; avec des échafaudages bien placés, c'est encore mieux. La merveille des mausolées est en chantier pour sa survie.

Abimé par les fumées dégagées par les usines d'Agra, les insectes, des réparations à la boue et le poids des échafaudages, le Taj Mahal, qu'on se rassure, garde toute sa prestance et sa magie. Et son pouvoir d'attirer la grande foule de la planète entière, jusqu'à 70 000 personnes par jour, soit quelque 7 millions sur l'année. Une trop grande fréquentation qui a amené cette année les autorités indiennes à une limitation drastique : à partir de 40 000 tickets vendus dans la journée, l'accès devient interdit aux Indiens pour laisser la place aux touristes, apport de devises oblige. Il faut dire que l'entrée se monte à environ 15€ par visiteur étranger contre 60 cents pour les nationaux.

Une somme modique pour ne pas les priver d'un monument de leur patrimoine... musulman alors que les Indiens sont à 80% hindouistes.

Devant le Taj Mahal, une seule chose est certaine : il changera de couleur au gré des heures de la visite. Histoire de marbre blanc ciselé et incrusté de pierres précieuses reflétant le soleil et la lumière à son bon gré. D'où la complexité supplémentaire de sa réhabilitation rendue urgente par des lustres de manque d'entretien. Le chantier, entamé depuis plusieurs années, arrive doucement à son terme malgré des retards à répétition. Pour des observateurs avertis, les travaux extérieurs, qui peuvent un peu casser la belle perspective selon leur emplacement du moment, ne seront achevés au mieux que courant 2019.

Amour éternel

Ce n'est pas une raison de se priver d'un passage à Agra pour venir l'admirer dès maintenant et toucher de près la plus extraordinaire des histoires d'amour. L'empereur moghol Shâh Jahân vouait une passion folle, et partagée, à sa 3ème épouse et favorite adorée Arjumand Bânu Begam, surnommée Mumtâz Mahal (« le bijou du palais »). Sa mort en 1631, à 39 ans, alors qu'elle donnait naissance à leur 14ème enfant plongea l'empereur dans un désespoir infini. Il décida d'ériger pour elle le plus somptueux des tombeaux jamais vus. La construction prend 22 ans et ruine le trésor des Moghols. En 1657, Shâh Jahân est détrôné par un de ses fils qui, par clémence, se contente de l'enfermer dans le Fort Rouge, palais établi sur l'autre rive de la rivière Yamuna. Depuis la terrasse, l'empereur déchu passera ses journées à contempler au loin le mausolée de son épouse. A sa mort, fait exceptionnel pour l'époque, il ira reposer à ses côtés au cœur du Taj Mahal, unis pour l'éternité.

A l'arrivée sur site, le Taj Mahal reste invisible. Un imposant bâtiment rouge le cache du regard, sauf avec un peu de chance, par la petite porte centrale.

Soudain dans l'embrasure de l'étroite porte, le mausolée apparaît.

Le Taj Mahal de face et de côté

Sous une vaste et belle voute, l'entrée du Taj Mahal n'est qu'une simple porte où on se bouscule.

Les sépultures de l'empereur et son épouse sont cachées derrière un mur ouvragé autour duquel les visiteurs tournent avant de ressortir.

Sur les côtés et à l'arrière, une vaste esplanade s'ouvre sur un bras de la rivière Yamuna.

Dos au mausolée, la perspective vers la sortie.

Le fort Rouge où l'empereur fut retenu après sa destitution et d'où il scrutait depuis la terrasse le Taj Mahal renfermant son épouse adorée.

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